Y aura-t-il un ultime frisson, dimanche ou lundi ? Ou le mercato hivernal du Stade Brestois restera atone, juste bercé par quelques rumeurs et le départ du latéral gauche Justin Bourgault à Nancy ? Avant la fermeture du mercato hivernal, lundi, à minuit, Éric Roy a en tout cas assuré n’avoir aucune attente, aucun espoir : « Je n’attends rien du mercato depuis longtemps. Je n’ai jamais eu de cadeaux, ni de paquet surprise. C’est quelque chose que je n’ai pas du tout intégré dans mon logiciel d’entraîneur. »
« Ah bon, il ne reste que trois jours ? »
Vendredi, en conférence de presse d’avant-match, l’entraîneur brestois a même assuré qu’il n’avait « pas le compte à rebours en tête » : « Ah bon, il ne reste que trois jours ? » Éric Roy a conscience de la situation économique du Stade Brestois : « D’autres clubs ont la chance d’avoir des phénomènes qui peuvent tomber du ciel et changer leur équipe. Nous, ce n’est pas le cas. »
Lors de ce mercato hivernal, Grégory Lorenzi a surtout fermé la porte (« aucun joueur majeur ne partira ») et ciblé un seul poste : celui de milieu offensif. « À Brest, nous n’avons pas vocation à réaliser des coups médiatiques ni à bouleverser l’effectif tous les six mois. Mon objectif est d’être juste et cohérent avec nos besoins, en tenant compte de moyens très limités », avait rappelé le directeur sportif brestois en début de mercato.
« Il faut être réaliste… »
Selon notre consultation réalisée les dix derniers jours sur le site du Télégramme, de nombreux supporters du Stade Brestois sont en phase avec cette vision. Sur près de 70 votants, 65 % estiment qu’un seul renfort suffirait lors de ce mercato. Et plusieurs des supporters qui ont participé à cette consultation estiment même qu’il n’y a aucun impératif à recruter.
« Pas la peine d’être trop gourmand. Éric Roy a ce qu’il faut sous la main pour assurer l’objectif, le maintien », lance Didier Péron. « Il faut être réaliste, dans le contexte économique actuel, avec seulement 16 matchs à disputer, on ne va pas empiler les contrats, acquiesce Clément. Il faut continuer de progresser avec les joueurs qui sont là pour aller chercher les 4-5 victoires qui manquent pour le maintien. »
« La mayonnaise commence à prendre, l’ambiance dans le groupe semble saine », estime aussi Jean Euzen. Il considère toutefois qu’il « manque éventuellement un milieu offensif, sinon les postes semblent pouvoir être doublés grâce à la polyvalence de certains. »
Plusieurs supporters, comme Christian Le Gall ou Claude Autret, rêvent aussi d’un « excellent renfort au milieu », « un distributeur du jeu, une plaque tournante qui fait défaut depuis le départ de Pierre Lees-Melou. » Yvon Caroff évoque un « milieu capable d’apporter des solutions pour soulager les autres dans la distribution du jeu et dans le repli défensif ».
Ces derniers seront peut-être exaucés dans les dernières heures du mercato, ce fameux « Lorenzi time » qui a souvent réussi au Stade Brestois. Car il ne fait aucun doute que Grégory Lorenzi a bien, contrairement à Éric Roy, le « compte à rebours en tête ».