En 2025, en France, la mortalité routière
repart à la hausse et les autorités pointent un nouveau fléau : le
protoxyde d’azote consommé au volant. Invisible aux contrôles et
banalisé chez les jeunes, ce gaz hilarant fait peser une menace que
les chiffres officiels peinent encore à cerner.

Les chiffres sont tombés, et ils font mal. En 2025, 3
513 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises
,
métropole et outre-mer confondues, d’après l’Observatoire national
interministériel de la sécurité routière. Un bilan reparti à la
hausse après les années atypiques du Covid, avec une augmentation
marquée par rapport à 2024, et un détail qui change tout pour les
conducteurs du quotidien : la montée en puissance du
protoxyde d’azote, ce fameux gaz
hilarant
qui s’invite désormais au volant.

Un produit bon marché, banalisé chez les jeunes, qui s’ajoute
aux risques déjà connus comme la vitesse, l’alcool ou les
stupéfiants. Et là, une question se pose : à qui ce rebond de la
mortalité routière profite-t-il vraiment, et
pourquoi ce gaz reste-t-il encore si compliqué à combattre ?

Mortalité routière 2025 : un bilan en hausse qui touche surtout
les plus jeunes

En 2025, la France métropolitaine a enregistré 3 260
morts sur les routes
, soit 67 tués de plus qu’en 2024, une
hausse de 2,1 %. En ajoutant l’outre-mer, on
atteint les 3 513 décès, ce qui représente une
augmentation d’environ 2,4 % par rapport à l’année
précédente. Dans le même temps, d’après la méthode d’estimation
ONISR–Université Gustave Eiffel,
près de 244 000 personnes ont été blessées, dont
16 600 grièvement, et environ 22 300
garderont des séquelles
un an après l’accident. Sur
l’ensemble de la population, cela représente 49 personnes
décédées par million d’habitants
en 2025.

Le portrait des victimes reste très marqué : 77 % des
personnes tuées sont des hommes
, soit 2 526 décès
masculins contre 734 féminins. Les jeunes sont particulièrement
exposés. Les 18-24 ans enregistrent le taux le
plus élevé avec 95 tués par million d’habitants,
devant les seniors les plus âgés. Les moins de 35 ans concentrent à
eux seuls 47 % des blessés graves. Côté modes de
déplacement, les occupants de voiture représentent
encore 48 % des morts, mais la part des usagers vulnérables grimpe
nettement : 691 usagers de deux-roues motorisés
décédés, 501 piétons, 234
cyclistes
et 80 utilisateurs d’engins de
déplacement personnel motorisés
en 2025. Un terrain où le
moindre trouble de vigilance, y compris lié au protoxyde d’azote,
peut vite tourner au drame.

Protoxyde d’azote au volant : un risque massif encore difficile
à combattre

Le protoxyde d’azote, utilisé à l’origine en
médecine et dans l’industrie agroalimentaire, a basculé dans
l’usage festif sous forme de petites cartouches ou de bonbonnes.
Selon les données reprises dans l’analyse des acteurs de la
prévention, environ un jeune de moins de 35 ans sur
dix
a déjà consommé du gaz hilarant en soirée. Et parmi
ces consommateurs, un sur deux l’a déjà fait en
conduisant
. Autre signal inquiétant : environ 7 %
des moins de 35 ans
déclarent avoir déjà été passagers
d’un conducteur ayant consommé du
protoxyde d’azote
. Sur les autoroutes, les gestionnaires ont
ramassé près de 1,5 tonne de cartouches en 2024,
avec une hausse attendue d’au moins 10 % en 2025 !

Les effets du gaz sur la conduite sont loin d’être anodins. Les
études citées par les organismes de prévention décrivent une
euphorie brève, mais surtout des vertiges, des
troubles visuels, des pertes de
contrôle
et même des « trous noirs »
pouvant durer jusqu’à 30 à 45 minutes après inhalation. Malgré
cela, une partie des 16-24 ans considère encore que consommer du
protoxyde d’azote au volant n’est pas vraiment dangereux. Le
produit ne figure pas dans la liste classique des stupéfiants
contrôlés sur le bord des routes, et il reste indétectable
par les tests routiers habituels
.

Les forces de l’ordre s’appuient souvent sur des indices
matériels, comme la présence de cartouches dans l’habitacle, pour
faire le lien après un accident. Aujourd’hui, l’ONISR ne publie pas
de données détaillées sur le nombre exact de collisions liées
spécifiquement à ce gaz ; la part précise des 3 513 décès
imputable au protoxyde d’azote reste donc inconnue
. Aucune
précision n »est donnée à ce sujet, ce qui laisse ce nouveau risque
dans un angle mort statistique alors même qu’il se développe chez
les conducteurs les plus exposés.