Encore hospitalisée au centre des brûlés du CHU de Liège, Roze se confie au micro de la chaîne de télévision belge RTL. « Cela faisait seulement 15 minutes que j’étais là-bas ». Si tout s’est enchaîné très vite, ses souvenirs sont précis : « je suis descendue avec mon appareil photo. À un moment, je me retourne et je vois du feu au plafond. Je remonte et je dis d’une voix forte qu’il y a le feu. Mais je pense que les gens ne m’ont pas crue ». Puis tout s’accélère : « tout le monde est sorti en même temps. Je suis sortie par une fenêtre […] je ne savais pas que j’étais brûlée au visage ».
« Je revois les brûlés »
Trois semaines après, le pronostic vital de Roze n’est plus engagé, mais elle souffre d’importantes séquelles physiques : elle ne peut utiliser ses mains ni marcher seule. Le traumatisme est tout aussi fort. Depuis qu’elle a repris conscience, « les scènes reviennent » en cauchemar : « je réentends les gens, je revois les brûlés […] , les gens évanouis, à qui on faisait des massages cardiaques ».
« Je ne pense pas que je pourrais vivre normalement après. Je ne sais même pas si je pourrais retourner à Crans-Montana », avoue-t-elle.
Élargissement de l’enquête pénale
Les propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Après avoir été libéré de détention provisoire le 23 janvier, Jacques Moretti a été placé comme son épouse sous mesures de contraintes. Cette semaine, l’enquête pénale en Suisse a été élargie à deux responsables de la sécurité de la commune, qui reconnaît avoir failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans le bar depuis 2019.