Le dispositif « L’art d’accéder à l’emploi » organisé au musée d’art moderne de Céret a permis à sept participants de bénéficier de ce dispositif innovant créé par France travail et soutenu par les ministères de la Culture et du Travail.

Depuis le belvédère du musée d’art moderne, ce vendredi 30 janvier, une joyeuse restitution est venue enrichir le temps d’un après-midi les collections. Les productions artistiques de onze demandeurs d’emploi volontaires ont été présentées. De quoi clôturer en beauté le projet « L’art d’accéder à l’emploi », dispositif créé par France travail, soutenu par les ministères de la Culture et du Travail. Localement, ce projet a pris vie sous la forme de cinq ateliers (voir encadré). Avec l’idée « d’explorer les liens entre la création artistique, l’inclusion sociale et l’insertion professionnelle », comme le souligne Nydia Berkane Touam, directrice France travail Céret venue assister à la découverte des œuvres aux côtés de différentes entreprises locales dans le but de « favoriser » les rencontres entre demandeurs d’emploi « remobilisés » et créateurs d’emploi.

« Ma personnalité »

Des réalisations également saluées par Jean-Roch Dumont Saint Priest, directeur-conservateur rappelant que « l’art sert à créer du liant dans la vie ». Et ainsi permettre à Mickaël, Johanna, Nicolas, Yolande, Alison, Morgane, Émile, Laurence, Manon ou encore Sandrine de regagner confiance et estime en réalisant un travail sur soi. Comme ce fut le cas pour Sandrine, « fière d’avoir exploré de nouvelles choses » en jouant du pinceau et du tampon. Ou bien Manon qui a osé afficher son visage en jouant le thème de l’ombre à la lumière. De son côté, Yolande a joué une autre carte : « Sur ma toile, chaque découpe révèle une facette de ma personnalité. Chaque superposition suggère une évolution », commente-t-elle. Pas peu fière du chemin parcouru. Et qui sait, d’un premier pas sur le chemin de l’emploi…

Exposition à voir jusqu’au dimanche 15 février.

À la façon d’un CV artistique

Tout au long du projet, sur cinq ateliers répartis entre décembre et janvier, le groupe a été accompagné par une conseillère en insertion et la psychologue du travail de l’agence France travail Céret. Les visites et ateliers ont été menés par la responsable du service des publics du musée, Peggy Merchez, en collaboration d’une médiatrice volante. Après une visite guidée des collections, les onze participants ont choisi et commenté une œuvre en lien avec leur sensibilité ou leur personnalité. De quoi travailler leur expression, ainsi que leur capacité à prendre la parole face au groupe. Ont suivi quatre sessions plastiques qui ont permis à chacun d’exprimer et d’exploiter ses capacités artistiques autour d’un thème commun, l’identité. Le premier travail, imaginé d’après les œuvres cubistes, invitait les stagiaires à se représenter à l’instant T, au premier jour du stage, en lien avec leur parcours de vie et leur recherche d’emploi. Les techniques étaient libres. Le second temps était toujours axé sur l’autoportrait, mais cette fois sans représentation physique. Avec un travail d’introspection qui a permis aux participants d’identifier leurs forces, leurs passions et leurs singularités. Et, d’en tirer à l’arrivée, un riche et étonnant CV artistique.