Gerard Larcher, ici le 29 octobre 2025.

AUGUSTIN PASQUINI / Hans Lucas via AFP

Gerard Larcher, ici le 29 octobre 2025.

EN BREF Sandrine Josso, victime d’une tentative d’agression d’un sénateur, a dénoncé le silence du président du Sénat.
Après la diffusion d’une lettre qui lui était adressée, Gérard Larcher se dit prêt à rencontrer la députée.
Il défend aussi son action dans la gestion de cette affaire de soumission chimique et rappelle qu’il n’avait pas le pouvoir de contraindre l’agresseur à la démission.

Le soutien est tardif et a de plus dû être réclamé par la victime. Ce samedi 31 janvier, le président du Sénat Gérard Larcher a enfin exprimé son « soutien » à la députée Sandrine Josso après la condamnation du sénateur Joël Guerriau pour l’avoir droguée à son insu, et a dit à l’AFP vouloir prendre contact avec elle « dans les prochains jours » pour évoquer l’affaire. Ce, après que la victime a pointé publiquement le « silence » du président du Palais du Luxembourg.

Le 29 janvier, Sandrine Josso a rendu publique sur X une lettre adressée à Gérard Larcher, dans laquelle elle se dit « peinée » et « surprise » face au « silence » du sénateur, à qui elle a déjà écrit par deux fois depuis les faits, sans réponse selon elle. Elle l’interroge sur des révélations de Mediapart à propos d’une « pression » du Sénat sur l’Arcom concernant la diffusion d’un épisode de Complément d’Enquête dans laquelle une autre victime présumée de Joël Guerriau témoigne. Et pointe l’absence de réaction du président de la Chambre Haute alors que, lors de son procès, Joël Guerriau « a dévoilé à la barre de nombreuses pratiques illégales ou contraires à l’éthique » dont « le fait que la drogue mise dans mon verre lui avait été remise par un de ses collègues sénateur », ainsi que des relations sexuelles avec deux anciennes collaboratrices.

« Au nom de la transparence élémentaire (…) je vous prie de mettre en œuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ses graves dérives, qui se sont répétées pendant de nombreuses années », insiste Sandrine Josso, à l’attention de celui qui préside le Sénat depuis 2008, avec une brève interruption de 2011 à 2014.

Larcher se dédouane sur le maintien en poste de Guerriau

Dans une déclaration transmise à l’AFP ce samedi, Gérard Larcher a finalement répondu à la députée. Sandrine Josso « se dit être à ma disposition pour évoquer l’ensemble des éléments de cette affaire, j’y suis bien sûr favorable et prendrai contact avec elle dans les prochains jours », a-t-il écrit. « Au nom du Sénat et en mon nom personnel, je tiens à exprimer mon soutien à l’égard de Mme Sandrine Josso, dont nous mesurons la souffrance face à cette épreuve », a-t-il ajouté. Gérard Larcher a par ailleurs salué la « condamnation exemplaire » de Joël Guerriau, qui a écopé de quatre ans de prison, dont 18 mois ferme. Il a fait appel.

Sans répondre aux interrogations de Sandrine Josso, Gérard Larcher a rappelé avoir « autorisé une perquisition dans les locaux du Sénat », « transmis sans délai l’ensemble des documents requis par la Justice » et « saisi le Comité de déontologie parlementaire ».

Selon lui, Joël Guerriau avait « refusé, dans un premier temps, mon invitation à démissionner de son mandat ». « Je pouvais demander à Monsieur Joël Guerriau de démissionner, je ne pouvais l’y contraindre, s’est-il défendu. Seul le Conseil constitutionnel peut démettre un parlementaire de son mandat après une condamnation définitive, ce qui a pu susciter, je le reconnais, une certaine incompréhension. »

Membre du parti Horizons, Joël Guerriau avait été suspendu par son camp dès sa mise en examen. Devenue malgré elle l’incarnation de la lutte contre la soumission chimique, Sandrine Josso a ensuite été reçu par de nombreux responsables politiques, de tous bords et jusqu’au gouvernement. Mais pas, jusqu’alors, par Gérard Larcher.