Une pomme dans la boîte à repas des enfants, une autre croquée
devant l’ordi : en Europe, ce fruit est partout. Ce que l’on voit
moins, ce sont les traces de traitements qui l’accompagnent. Un
nouveau rapport d’ONG environnementales jette le trouble sur la
présence de pesticides dans les pommes vendues dans l’Union
européenne.

Le collectif PAN Europe, qui réunit treize ONG
opposées aux pesticides, a acheté au hasard 59 pommes dans 13 pays
européens, dont la France, l’Espagne, l’Italie ou la Pologne. Les
analyses mettent en avant des « cocktails de
pesticides »
et relancent la question suivante : que
contient vraiment la pomme que l’on met sur la table de la salle à
manger ?

Ce que révèle le rapport PAN Europe sur les cocktails de
pesticides

Les 59 pommes, achetées en grandes surfaces ou commerces de
quartier dans 13 pays, livrent un constat massif :
93 % portent au moins un résidu de pesticide
.
Dans 85 % des cas, plusieurs molécules se cumulent, jusqu’à sept
sur un même fruit. Et 71 % des échantillons contiennent au
moins une substance classée parmi les « candidats à la
substitution »
.

Le rapport pointe aussi 64 % de pommes contenant un
pesticide de type PFAS
, ces « polluants éternels » très
persistants dans l’environnement, et 36 % avec au moins une
molécule neurotoxique. Pour Martin Dermine, de PAN
Europe, « dans ce rapport, nous montrons que 85% des pommes
contiennent plusieurs résidus et nous ne savons pas si leur
consommation est sans danger ou non », affirme-t-il dans ce
document cité par l’AFP. L’Autorité européenne de sécurité des
aliments (EFSA) continue de raisonner pesticide par pesticide sans
mesurer une « exposition multiple », malgré le règlement (CE) n°
396/2005 qui prévoit cette évaluation des mélanges.

Effet cocktail, bébés et vergers de pommiers : pourquoi les
chiffres interpellent

Le point jugé le plus préoccupant concerne les tout-petits. Pour
les aliments transformés destinés aux moins de trois ans, la
réglementation européenne fixe une limite générale de 0,01
mg de résidu de pesticide par kilo
. Or, en appliquant ce
seuil aux pommes testées, 93 % d’entre elles seraient
jugées non conformes
; seules 4 sur 59 passeraient.

PAN Europe rappelle que la pomme est
l’un des fruits les plus consommés dans l’Union
européenne
, surtout en Pologne, en Italie et en
France. C’est aussi l’un des plus traités : les vergers
conventionnels reçoivent jusqu’à 35 traitements phytosanitaires par
an en moyenne, plus de la moitié pour lutter contre la tavelure,
même si des pays comme le Danemark affichent moins de combinaisons
problématiques.

Pommes, producteurs et consommateurs : polémique et gestes de
précaution

Face à cette alerte, les producteurs français contestent
vivement les conclusions. Pierre Venteau, représentant de la
filière, dénonce une « manipulation » pour faire du
« sensationnel » avec ce rapport et estime l’échantillon peu
représentatif : « On monte les choses en épingle après cinq
prélèvements en France (sur la soixantaine réalisée en Europe
par les ONG), dans un lieu anonymisé. On ne connaît
rien de la méthodologie, ni si ces pommes dépassent les limites
maximales de résidus de pesticides autorisés
« , a-t-il
critiqué auprès de l’AFP, en soulignant qu’il s’agit
de pommes a priori conformes aux normes
.

Il met en avant 2.000 analyses par an réalisées dans la filière
: « Nous, nous faisons 2.000 screenings (tests) par an
chez nos producteurs et on n »a pas de non-conformité », a-t-il
affirmé. Quant à l’effet cocktail potentiel, « laissons les
scientifiques chercher », a-t-il plaidé, tandis que les ONG
invitent les consommateurs à privilégier les pommes issues de
l’agriculture biologique ou, pour les fruits conventionnels,
à bien les laver et les peler avant de les proposer aux
enfants
.

EN BREF

  • 🚨 Fin janvier 2026, le réseau d’ONG PAN Europe publie une
    étude menée sur 59 pommes achetées au hasard dans 13 pays de
    l’Union européenne.
  • 🍏 Les analyses montrent 93 % de fruits avec des résidus,
    85 % avec plusieurs pesticides dont PFAS et neurotoxiques, ce qui
    ravive le débat sur l’« effet cocktail ».
  • ⚠️ Entre inquiétudes pour les bébés, contestation des
    producteurs et conseils pour limiter l’exposition, le rapport
    relance les questions sur nos choix de consommation.