Que les Parisiens se rassurent : nous avons déjà consacré un grand article aux bons plans et aux musées gratuits en Île-de-France. Un guide qu’il suffit de consulter pour se rappeler que les institutions réunies par Paris Musées offrent toutes un accès gratuit à leurs collections permanentes, que ce soit au musée Carnavalet, au musée Cognacq-Jay, au Petit Palais, au musée Bourdelle, au musée d’Art moderne de Paris ou encore au musée Zadkine.

À Paris comme dans le reste de la France, on visitera facilement des expositions gratuites dans les galeries, dans les centres d’art (où la gratuité n’est pas systématique, mais très courante), dans les Fonds régionaux d’art contemporain dits Frac (idem). Mais sinon ? Quelles sont les plus belles institutions à visiter sans dépenser un sou ?

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Le Louvre-Lens : inoubliable Galerie du Temps

La collection permanente de la Galerie du Temps du musée Louvre-Lens

La collection permanente de la Galerie du Temps du musée Louvre-Lens

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© Louvre Lens / Photo Frédéric Iovino

Direction le nord, tout d’abord, pour rendre visite à l’un des plus beaux musées de France : le Louvre-Lens. Car oui, contrairement à ce que pourraient laisser croire les tarifs exorbitants pratiqués par la maison-mère parisienne (entre 22 et 32 euros, tout de même), les collections permanentes du Louvre-Lens sont gratuites. Elles sont réunies dans les 3 000 m2 de la Galerie du Temps, pensée par ses concepteurs – les architectes Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa de l’agence japonaise SANAA – comme une immense salle translucide, tout en longueur, retraçant « 5 000 ans d’histoire en un regard » et réunissant pas moins de 250 œuvres, sculptures, peintures, vestiges archéologiques… De temps à autre, le musée accueille également une exposition d’art contemporain gratuite ; à surveiller.

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Musée du Louvre-Lens

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Le musée de Grenoble, ou l’art moderne en majesté

La grande collection d’art moderne au musée de Grenoble

La grande collection d’art moderne au musée de Grenoble

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© Ville de Grenoble – musée de Grenoble / Photo J.L. Lacroix

Né juste après la Révolution, le musée de Grenoble possède aujourd’hui la deuxième plus importante collection d’art moderne de France, après le Centre Pompidou. Grâce à l’impulsion d’Andry-Farcy, conservateur du musée de Grenoble de 1919 à 1949, qui prit soin d’acheter les plus grands artistes de son temps, les acquisitions du musée sont demeurées prestigieuses, ambitieuses, notamment durant la direction récente de Guy Tosatto, de 2002 à 2023. En plus de Christian Boltanski, Annette Messager, Andy Warhol, Jannis Kounellis ou Jeff Wall, la collection révèle aussi des chefs-d’œuvre de Véronèse, Canaletto, Claude Monet, Paul Gauguin et d’Henri Fantin-Latour (originaire de Grenoble). Un incontournable, entre deux sessions de ski ou de grimpe. La bonne nouvelle ? Récemment, la mairie a décidé qu’en plus des collections permanentes, une exposition sur deux serait gratuite. Généreux !

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À Marseille, les merveilles du musée Cantini (et tous les autres)

L’entrée du musée Cantini à Marseille

L’entrée du musée Cantini à Marseille

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En octobre 2020, après des mois et des mois sans musée, le conseil municipal de Marseille a pris une décision importante, en actant la gratuité de toutes les collections permanentes des musées municipaux. Les expositions temporaires sont également concernées, dans une moindre mesure, puisqu’elles sont gratuites le premier jour de leur ouverture, et chaque premier dimanche du mois. Les institutions en question ? Le [mac] – musée d’Art contemporain, le Centre de la Vieille Charité, le musée d’Histoire, le musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode, le muséum d’Histoire naturelle, le musée des Enfants… Enfin, le musée Cantini, en plein centre de la ville. Niché dans un superbe hôtel particulier construit en 1694, celui-ci déploie sur deux étages ses collections permanentes, lesquelles s’articulent notamment autour du fauvisme – avec André Derain, Charles Camoin ou Othon Friesz – et de différents courants ou figures du XXe siècle, comme Baya, Lena Vandrey, Fernand Léger, Maria Helena Vieira da Silva.

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Au Mans, l’important département égyptien du musée de Tessé

La galerie égyptienne au musée de Tessé, Le Mans

La galerie égyptienne au musée de Tessé, Le Mans

Les Sarthois ont de la chance : comme à Marseille, leurs musées municipaux sont gratuits, que ce soit pour l’accès à leurs collections permanentes ou leurs expositions temporaires. Le musée de Tessé – l’un des plus anciens de France puisqu’il a été inauguré en 1799 – a la surprenante particularité de conserver entre ces murs, dans un espace de 600 m2, des reconstitutions grandeur nature de deux tombes égyptiennes : celle de la reine Néfertari, épouse royale du pharaon Ramsès II, et celle de Sennefer, gouverneur de Thèbes sous Aménophis II. Toutes deux ont été réalisées grâce au soutien du centre de recherches de Kodak-Pathé, qui a utilisé un procédé de transfert de photographies sur relief, le même qui avait été employé pour la reconstitution de la salle des Taureaux de la grotte de Lascaux en 1981. Les collections comprennent également des œuvres de primitifs italiens, de peintres flamands et hollandais ou encore d’artistes caravagesques ; les expositions se tournent, quant à elles, volontiers vers l’art contemporain.

À Dijon, un musée des Beaux-Arts agrandi et rénové

La salle des tombeaux au musée des Beaux-Arts de Dijon

La salle des tombeaux au musée des Beaux-Arts de Dijon

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© Musée des Beaux-Arts de Dijon / Photo F.Jay

Comme au Mans et à Marseille, les musées de Dijon bénéficient depuis 2004 de la gratuité des collections permanentes. Du musée archéologique au musée d’Art sacré en passant par le musée François-Rude et celui de la Vie bourguignonne, un week-end de deux jours ne suffit pas à les visiter tous. Le plus incontournable, à nos yeux, reste le musée des Beaux-Arts, installé dans l’ancien palais des ducs et des États de Bourgogne, en plein centre donc. Celui-ci a récemment fait l’objet d’une longue campagne de travaux, qui a permis sa rénovation et son agrandissement. Son parcours permanent va de la Préhistoire à nos jours, avec quelques très belles pièces de Georges de La Tour (le si délicat Souffleur à la lampe, vers 1640), du sculpteur François Pompon ou de James Tissot.

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Musée des Beaux-Arts de Dijon

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À Martigues, les richesses insoupçonnées du musée Ziem

Il est né à Beaune et mort à Paris : pourtant, le nom du peintre français Félix Ziem (1821–1911) est pour toujours lié à la petite ville de Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Grand voyageur, Ziem découvre la ville à 19 ans, et en garde un souvenir si fort qu’il y installe son atelier 20 ans plus tard, pour peindre à loisir celle qu’il surnomme la « Venise provençale ». Le musée qui porte son nom a été créé à la suite de l’un de ses dons, en 1908, et a depuis largement contribué à sa reconnaissance en multipliant les expositions. Son fonds de 8 000 œuvres compte également des œuvres de Raoul Dufy, d’André Derain ou de Francis Picabia, mais aussi du plus méconnu Charles-Éric Siméoni, qui a lui aussi marqué l’histoire du musée avec une importante donation. L’entrée comme les activités proposées (visites guidées, balades…) sont toutes gratuites.

À Pau, le musée des Beaux-Arts s’ouvre à tous

Le musée des Beaux-Arts de Pau signé Charles Clément Le Cœur

Le musée des Beaux-Arts de Pau signé Charles Clément Le Cœur

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© Ville de Pau / Photo Jean-Christophe Chartre

Fondé par l’architecte parisien Charles-Clément Le Cœur, tombé amoureux de la région de Pau au mitan du XIXe siècle, le musée des Beaux-Arts a ouvert en 1864, soit un an après la création de la Société des Amis des arts en 1863, dont il devait exposer les acquisitions. Depuis, il a bénéficié de quelques legs importants, comme celui du collectionneur Louis La Caze au musée du Louvre, qui redistribua à Pau 30 œuvres des Espagnols José de Ribera et Francisco de Zurbarán ou encore du Français Nicolas de Largillierre. Côté expositions temporaires, le musée regarde très volontiers vers la création contemporaine, et le billet d’entrée demeure gratuit.

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Musée des Beaux-Arts de Pau

À Saint-Cloud, la bonne surprise du musée des Avelines

Le jardin du musée des Avelines, Saint-Cloud

Le jardin du musée des Avelines, Saint-Cloud

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Dans les Hauts-de-Seine, le musée des Avelines ouvre à tous ses collections, expositions temporaires comprises. Le lieu est en lui-même remarquable, puisqu’il s’agit d’une villa construite dans les années 1930 par l’architecte Louis Mourot pour un collectionneur, Alfred Daniel Brunet, sur l’ambitieux modèle de la villa Kerylos à Beaulieu-sur-Mer. Vendue par sa veuve, louée pour des tournages (notamment Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau en 1982) puis réaménagée par la Ville en musée en 1988, la maison est entourée d’un très beau jardin. Dans les salles, le musée d’art et d’histoire raconte le passé de Saint-Cloud, dans ses collections comme dans ses expositions temporaires, toujours intéressantes.

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Musée des Avelines

À L’Isle-sur-la-Sorgue, le focus sur la sculpture de la Villa Datris

La façade nord de la fondation Villa Datris

La façade nord de la fondation Villa Datris

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Première (et seule) institution privée de cette sélection, la Villa Datris méritait bien un petit coup de projecteur, à la fois pour la qualité de ses expositions et la spécificité de ses choix. Celle-ci se concentre en effet sur la sculpture contemporaine, et pioche dans l’ahurissante et très pointue collection de Danièle Marcovici et Tristan Fourtine pour concevoir des expositions thématiques, qui s’étendent dans ses étages comme dans son foisonnant jardin depuis 2011. La Villa a aussi une petite sœur parisienne depuis 2018, l’Espace Monte-Cristo, situé dans le 20e arrondissement et dont l’espace est un peu plus petit, mais les propositions tout aussi généreuses, poétiques et sensibles.

À Montpellier, le Pavillon populaire se passionne pour la photographie

À Montpellier, le Pavillon Populaire rénové

À Montpellier, le Pavillon Populaire rénové

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© Ville de Montpellier / Photo Ludovic Séverac

Il n’y a pas qu’à Arles qu’on déroule le tapis rouge à la photographie ! À Montpellier, le Pavillon populaire, espace d’art de la Ville de Montpellier, organise depuis 2011 trois grandes expositions photo chaque année. Installé dans un bâtiment conçu par l’architecte Léopold Carlier pour l’Association générale des étudiants, le Pavillon a été repensé en lieu d’exposition par François Pin, et a bénéficié du savoir-faire de Gilles Mora, historien de la photographie et ancien directeur des Rencontres d’Arles. L’ambition est donc grande, et la reconnaissance aussi, pour ce lieu où l’on a vu les images de Bernard Plossu, Raymond Depardon, Linda McCartney ou Valie Export. Immanquable.

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