Ce samedi 31 janvier, près de 70 manifestants, pour la plupart d’origine américaine, ont manifesté sur la place de la République, à Lille, après la mort de deux habitants de Minneapolis, dans le Minnesota, tués par des agents de la police fédérale de l’immigration aux Etats-Unis.
Sur les marches de la place de la République, face au musée des Beaux-Arts, la langue officielle est devenue l’anglais, le temps d’une manifestation ce samedi 31 janvier 2026. Un drapeau des USA flotte au vent, les mots sur les pancartes sont écrites en anglais, une franco-américaine lit un papier dans sa langue d’origine. Près de 70 personnes, pour la plupart issue de la diaspora américaine du Nord, se sont rassemblées pour protester contre la mort de deux américains, tués ces dernières semaines à Minneapolis, dans le Minnesota, par la police fédérale de l’immigration, l’ICE.
Parmi eux, Noah, 27 ans, tient une pancarte « Solidarité avec le Minnesota ». Lui-même est originaire de cet Etat du Nord des Etats-Unis. « Ma famille et mes amis sont là-bas. Il y a beaucoup de choses qui me donnent peur pour eux « . Il évoque les images des agents de l’ICE qui ont tiré sur Renée Good, une américaine qui a tenté de leur échapper à Minneapolis. Elle n’a pas survécu, comme cet infirmier de 37 ans, Alex Pretti, tué lui aussi dans la ville américaine. « Je ressens de la honte, par le fait que c’est ce gouvernement qui nous représente alors que ce ne sont pas du tout nos valeurs « , développe l’étudiant en Master à Lille.
« On vit un cauchemar »
Un peu plus loin, Amber Ogborn et Lynn Davy, deux organisatrices de la manifestation et membres de l’association American Club Lille, se coordonnent pour donner la parole à ceux qui le souhaitent. Tous observent une minute de silence, en mémoire des deux américains tués. Pendant l’hommage, certains ne peuvent retenir leurs larmes. « On avait vraiment besoin de nous exprimer. Chaque fois que je regarde la télé, je vois des images de mon pays et j’ai mal au cœur. Même avec un président comme Donal Trump, je pense que c’est quelque chose que personne ne pouvait imaginer. L’ICE, c’est une police secrète, avec beaucoup de pouvoir, et le vice-président a dit qu’ils avaient carte blanche ! On vit un cauchemar « , explique Lynn, en France depuis dix ans.
Lynn est originaire de Californie, à plusieurs milliers de kilomètres du Minnesota. Elle assure que là-bas, les habitants sont beaucoup plus épargnés par les politiques de Donald Trump. Elle assure qu’elle doit y retourner, dans l’année, pour les vacances. Puis elle sourit : « Je pense que je vais quand même supprimer les réseaux sociaux de mon portable. Parfois, il arrive parfois que les agents des aéroports regardent dans nos téléphones. Alors on ne sait jamais… »