Colomiers s’est adjugé la victoire sans trembler, avec l’ensemble des secteurs au vert, au premier rang desquels la discipline et la défense. Si l’on y ajoute une conquête qui va mieux et une attaque qui retrouve de son allant…
« Valider la victoire à Agen », mais aussi « se lâcher et prendre du plaisir » : le staff de Colomiers, pour prolonger cette série de victoires qui se porte désormais à cinq, avait pris ce pari. Une façon d’étaler tout le talent de ses troupes et de marquer le coup. C’est chose faite, on ne peut pas le nier… Six essais (et trois occasions d’essai franches passées à l’as), 42 points d’écart et un suspense qui n’a jamais eu lieu : Colomiers a construit sa victoire patiemment avant de lâcher les chevaux en fin de partie. Les percées de Rodrigo Marta et les mouvements collectifs ont eu le mérite de verser dans le rugby champagne, après un bloc à gagner de façon plus restreinte, plus hivernale si l’on peut dire. « C’est dans la continuité de ce qu’on a fait sur le bloc, finalement, estimait Baptiste Serrano. On est monté crescendo. Ça nous tenait à cœur de réaliser une bonne entame. » Cette « grosse prestation » a été le fruit de plusieurs facteurs : « La conquête a fait du bien, elle a pas mal progressé depuis le début du bloc, ça « aligne les planètes » », ajoute le trois-quarts centre.
Et tous, joueurs et staffs, saluaient un point moins évident qui pourtant tranche avec les dernières sorties. « Quatre pénalités concédées, c’est le record de la saison, révélait l’entraîneur principal Florian Nicot. C’est le gros point positif. Avec la défense, encore une fois, puisqu’on ne prend pas le moindre point, on a eu de très hauts standards sur la discipline. Et ça nous récompense. Si on continue comme ça avec quatre fautes par match, et jouer à 15 toute la partie, ça ne pourra nous apporter que de belles choses. »
Les jeunes poussent les « tauliers »
Avec les défaites de Valence-Romans, Oyonnax et Brive, cela conforte la Colombe sur le podium, qui compte sept points d’avance. Et ça n’est ni ce fait statistique ni le prochain bloc à venir (déplacements à Nevers et Vannes, réceptions de Béziers et Brive) qui vont inquiéter les Haut-Garonnais. « On ne se prend pas la tête, haussait des épaules Paolo Parpagiola. Depuis le début, on a un groupe qui tourne beaucoup, avec des compositions bien différentes. Que ce soit à domicile ou à l’extérieur, on donne tout. » Le troisième ligne aile était assis au côté de Baptiste Serrano pour débriefer la partie. Et tous les deux (22 et 24 ans) incarnent cette jeunesse formée au club capable de bousculer la hiérarchie, en dépit de la forte concurrence qui règne à leurs postes. « C’est le but, c’est ce que Flo’ (Florian Nicot) recherche, répondait le second. Et c’est ce que nous voulions : avoir ces chances, les saisir et confirmer derrière. » Avec une ambition de moins en moins cachée, à l’instar des mots de Nicolas Martins (lire en page 21) : « On a une petite idée en tête sur les matchs qu’on a perdus à l’aller, lance Serrano. On a eu beaucoup de frustrations, surtout à domicile (défaites contre Vannes et Provence Rugby). On aimerait « faire propre » et gagner contre ces grosses équipes. »