À l’appel du syndicat Alliance, 45 000 personnes se sont rassemblées ce samedi 31 janvier afin de soutenir la police nationale et dénoncer un manque de moyen. Des manifestations ont été recensées dans une vingtaine de villes, avec 15 000 à 20 000 personnes mobilisées à Paris.

« La France aime sa police » : des milliers de personnes – policiers, citoyens, politiques de droite et d’extrême droite – ont manifesté ce samedi dans une vingtaine de villes pour soutenir la police nationale et dénoncer un manque de moyens.

Alliance, le premier syndicat de la profession qui avait appelé à cette mobilisation, a revendiqué « 45 000 » manifestants partout en France, dont « 15 000 à 20 000 » à Paris. Les autorités ne communiqueront pas de chiffrage national pour leur part. À Nîmes, elles estimaient néanmoins que 300 personnes étaient présentes ; Alliance en a dénombré un millier.

« Sans police c’est le chaos », « all cops are heroes » (tous les flics sont des héros, en français) ou encore « l’impunité fabrique des criminels », pouvait-on lire sur des pancartes de la manifestation parisienne, animée par des bruits de sifflets, des fumigènes. L’hymne national a été entonné dans plusieurs cortèges.

« 30 ans de retard » par rapport au reste de l’Europe

« Les policiers en ont ras le bol », lance Ziane Marouane, secrétaire régional pour la Nouvelle-Aquitaine d’Alliance Police nationale. « Certains commissariats tombent en ruine. On a 30 ans de retard par rapport aux autres polices européennes », et des équipements, notamment des voitures, mal en point, déplore-t-il.

Marc, policier à Bordeaux (Gironde), déplore lui aussi du retard et des moyens insuffisants face au narcotrafic, « les dealers ont des moyens de communication cryptée, de grosses cylindrées et bossent en souterrain ».

La droite et l’extrême droite mobilisées

Des personnalités politiques de droite et surtout d’extrême droite étaient présentes dans les cortèges. À Paris, l’eurodéputée Marion Maréchal a marché derrière la banderole de tête.

En déplacement dans l’est de la France, la cheffe de file du Rassemblement national Marine Le Pen a estimé qu’il était « une véritable honte de laisser des policiers, bien souvent, travailler dans des conditions qui sont même des conditions problématiques sur le plan sanitaire ».

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui avait décliné l’invitation à se joindre à la mobilisation en invoquant un devoir de neutralité, a assuré de son soutien « policiers, gendarmes ». Selon le ministre, depuis 2017, 12 500 emplois ont été créés dans les forces de sécurité intérieure, les crédits immobiliers multipliés par deux et 19 000 véhicules achetés.