On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie, écrit et interprété par Éric Feldman, mis en scène par Olivier Veillon, est une sorte de stand-up théâtral accueilli au théâtre des Bernardines. « Enfin, pas vraiment car je suis assis », plaisante le comédien Éric Feldman. Fils de deux « enfants cachés », survivants de la tragédie de la Shoah, il évoque avec humour, émotion et gravité, les effets traumatiques de l’Holocauste sur ses parents, ses oncles et tantes, sur lui-même et « peut-être au fond sur notre monde contemporain, « malade des camps » selon le psychiatre et psychanalyste Gérard Haddad ».
« Mon père, ma mère, mes oncles et tantes portaient l’étoile jaune infamante, ils ont miraculeusement survécu, poursuit-il. Aujourd’hui, ils sont morts ou très âgés. Bientôt il n’y aura plus aucun témoin direct de cette sombre période. »
Hitler et Freud, tonton Lucien et tata Sarah
Au centre du spectacle une question, improbable : et si Hitler avait fait une psychanalyse avec Freud, aurait-il perpétré un tel génocide ? « Je parle de l’assassin qui a tué non seulement un peuple mais aussi une culture et une langue, le yiddish, et je parle de celui qui a inventé un savoir qui, pour revenir à…