Cette annonce intervient au lendemain d’une manifestation qui a rassemblé des milliers de personnes dans les rues de Minneapolis et à travers le pays, pour exiger le retrait des agences fédérales chargées de l’immigration du Minnesota.
Donald Trump a ordonné au département de la Sécurité intérieure des États-Unis d’intervenir «sous aucun prétexte» dans les «manifestations et/ou émeutes organisées dans les diverses villes démocrates mal gérées». «À moins que celles-ci ne demandent l’aide du gouvernement fédéral», a-t-il précisé dans un message publié samedi sur son réseau social Truth Social.
Cette annonce intervient au lendemain d’une manifestation qui a rassemblé des milliers de personnes dans les rues de Minneapolis et à travers le pays pour exiger le retrait des agences fédérales chargées de l’immigration du Minnesota, à la suite de la mort par balle de deux citoyens américains – Alex Pretti et Renee Good.
Dans son message, le chef d’État a tout de même précisé que les agents fédéraux «protégeront de manières très énergiques tous les bâtiments fédéraux qui sont attaqués par ces fous (…) grassement payés». Donald Trump menace de sanction les manifestants qu’il qualifie depuis plusieurs jours tantôt d’«insurgés», d’«agitateurs» ou encore de «fauteurs de troubles».
Protéger les biens fédéraux
«Sachez que j’ai donné pour instruction à l’ICE et/ou à la police des frontières d’être très fermes dans la protection des biens du gouvernement fédéral. Il ne sera pas question de cracher au visage de nos agents, de frapper ou de donner des coups de pied dans les phares de nos voitures, ni de lancer des pierres ou des briques sur nos véhicules ou sur nos guerriers patriotes. Si cela se produit, ces personnes subiront des conséquences équivalentes, voire plus sévères», a-t-il prévenu.
Donald Trump en a profité pour rappeler que les gouvernements locaux ont «l’obligation de protéger nos biens fédéraux, nos bâtiments, nos parcs et tout le reste». «Nous sommes là pour protéger les biens fédéraux, uniquement en renfort, car cette responsabilité incombe aux autorités locales et étatiques», a-t-il insisté. Le président américain justifie cette lubie pour la protection des biens fédéraux – tout en dénonçant le laxisme des autorités locales – en s’appuyant sur un incident survenu vendredi soir dans l’Oregon. «Des criminels ont fait irruption dans un bâtiment fédéral et ont causé d’importants dégâts, effrayant et harcelant les employés qui travaillaient dur. La police locale n’a rien fait pour les en empêcher. Nous ne laisserons plus cela se produire !», s’est-il indigné.
«Vous devez utiliser le mot “S’il vous plaît”»
Derrière ce message, Donald Trump cherche à prouver que les gouvernements locaux ne sont pas capables, selon lui, de gérer la sécurité au sein de leur État. «À tous les gouvernements locaux, gouverneurs et maires qui se plaignent, faites-nous savoir quand vous serez prêts, et nous serons là», affirme-t-il. À une seule condition : «Vous devez utiliser le mot “S’il vous plaît”», appuie-t-il. Dans ce cas, «nous nous rendrons immédiatement sur place pour apporter notre aide et nous nous occuperons de la situation très facilement et méthodiquement, comme nous l’avons fait lors des émeutes de Los Angeles il y a un an, au cours desquelles le chef de la police avait déclaré : “Nous n’aurions pas pu y arriver sans l’aide du gouvernement fédéral.”»
Enfin, Donald Trump tente de légitimer son choix de déployer l’ICE dans le Minnesota, largement critiquée dans son pays : «J’ai été élu sur la base d’une politique de contrôle des frontières (qui a désormais été perfectionnée !), de sécurité nationale et d’ORDRE PUBLIC. C’est ce que veut l’Amérique, et c’est ce que l’Amérique obtient !»