Greenland : Migration n’a pas bien fonctionné au box-office, et ne risque pas de se rattraper puisque le film catastrophe est déjà sur internet.

En 2020, Greenland : Le Dernier Refuge, porté par Gerard Butler et Morena Baccarin, a récolté 52,3 millions de dollars pour son exploitation mondiale, avec un modeste budget de production de 35 millions, bien en dessous de l’enveloppe moyenne d’un film catastrophe. Le problème, c’est qu’il est difficile, sinon impossible, de savoir le degré de réussite ou d’échec du film au box-office, étant donné le contexte qui entourait sa sortie.

À l’origine, le long-métrage réalisé par Ric Roman Waugh devait sortir sur grand écran en Amérique du Nord, mais à cause de la pandémie, il est finalement arrivé directement en format numérique aux États-Unis, faisant la totalité de ses recettes en salles sur d’autres territoires, notamment en France. Peut-être a-t-il souffert d’un manque à gagner, ou peut-être a-t-il, au contraire, profité d’une affiche réduite pour gagner en visibilité ? Seule une boule de cristal pourrait le dire avec certitude.

Mais le désastre de la suite, Greenland : Migration, et le repli de Lionsgate en VOD donnent un nouvel éclairage sur le (non) potentiel de la franchise en salles.

LE FILM CATASTROPHE, AU SENS PROPRE

Greenland 2 n’a pas emballé la critique. À titre d’exemple, sur Metacritic, la suite a écopé de la note médiocre de 49/100, tandis que le premier volet affiche un solide 64/100. À l’évidence, elle n’a pas non plus profité d’un bouche-à-oreille favorable. Résultat des courses : 23,4 millions de dollars dans le monde, dont 17 millions à domicile, pour un budget hors marketing de cette fois 90 millions de dollars (soit le double du premier opus).

La chute est violente, et Lionsgate, qui distribue le film aux États-Unis, a décidé de donner un dernier coup de frein à l’exploitation en salles en basculant en vidéo à la demande. En effet, Greenland : Migration est arrivé à l’affiche le 9 janvier sur le sol américain et est disponible en Premium VOD depuis le 27 janvier, soit 18 jours seulement après son lancement.

Si les fenêtres réduites à trois ou quatre ou 3 semaines se multiplient (Furiosa, Shazam 2, Joker 2, The Crow, Borderlands ou plus récemment Smashing Machine), celles de seulement 18 jours sont davantage dans la fourchette basse, et donc plus rares. On pourrait citer comme autres exemples Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City du côté de Sony Pictures ou Mickey 17 du côté de la Warner.

Gerard Butler et Morena Baccarin dans Greenland 2 / Greenland Migration

Toujours attendre la seconde vague

Mais, a priori, ce n’est pas tant un sacrifice qu’un sauvetage stratégique : en 2020, d’après un article d’IndieWire, Greenland était un immense succès en Premium VOD, trustant la première ou la deuxième place des classements selon les plateformes (FandangoNow, Google Play, Apple TV…) .

Selon une source du média, il aurait été loué plus de deux millions de fois durant ses huit semaines d’exploitation numérique, moyennement la somme de 19,99 $. En tout, STX Films aurait ainsi gagné à cette période entre 60 et 80 millions de dollars. Peut-être qu’une partie du public américain qui ne s’est pas déplacée en salles pour la suite sera donc plus à même d’être tentée par un rattrapage à la maison. De quoi faire, possiblement, les affaires de Lionsgate.