Par
Thomas Martin
Publié le
1 févr. 2026 à 7h42
L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a indiqué samedi 31 janvier 2026 avoir « modifié » la sanction prononcée initialement contre une infirmière ayant refusé d’ôter son calot chirurgical, après la décision de justice jugeant début janvier son licenciement « disproportionné ».
Licenciée pour le port systématique d’un calot
« Le jugement en référé avait reconnu la faute mais avait estimé la sanction disproportionnée, elle a été modifiée », a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’AP-HP, confirmant la suspension de huit mois prononcée contre la soignante et révélée par Mediapart.
Selon Blandine Chauvel, élue du personnel Sud Santé, Majdouline B. a reçu un courrier « en début de semaine » lui annonçant cette sanction pour port répété d’un couvre-chef sur son lieu de travail et son refus de le retirer.
« Le juge des référés avait ordonné la réintégration de ma cliente, l’AP-HP ne l’a jamais fait et a prononcé une nouvelle exclusion », a déploré auprès de l’AFP l’avocat de Majdouline B., Me Lionel Crusoé.
Infirmière depuis 2018 à la Pitié-Salpétrière à Paris, Majdouline B. avait été licenciée le 10 novembre 2025, la direction lui reprochant de porter quotidiennement et en toutes circonstances un calot, équipement de protection en tissu, porté habituellement au bloc opératoire ou en réanimation.
Selon son avocat, la soignante n’a jamais revendiqué d’appartenance religieuse, indiquant simplement que le port de cet équipement relevait de « sa vie privée ». Saisi en référé par l’infirmière, le tribunal administratif de Paris avait suspendu début janvier, dans l’attente d’un examen sur le fond, la décision de révocation et prononcé sa réintégration dans ses fonctions « dans un délai d’un mois ».
« Absence de proportion » entre la faute commise et la sanction
Dans son ordonnance, le juge des référés avait considéré que l’infirmière avait bien « commis une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire » mais avait en revanche estimé qu’il pouvait y avoir une « absence de proportion » entre la faute commise et la sanction.
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A la suite de cette décision, l’AP-HP avait indiqué « prendre acte » et avait annoncé qu’elle adapterait « sa décision de sanction pour garantir sa proportionnalité par rapport à la faute constatée ».
En décembre 2025, les Hôpitaux de Paris avait fait l’objet d’intenses critiques formulées par le Conseil français du culte musulman (CFCM), le représentant officiel des musulmans auprès de l’État français, après la radiation de plusieurs employées musulmanes, « ou supposées comme telles », « en raison du port d’une charlotte, assimilée par leur autorité hiérarchique à un ‘signe religieux par destination’». L’AP-HP avait alors assuré qu’elle appliquait simplement le principe de laïcité.
Le Défenseur des droits avait alors été saisi.
AFP
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