Longtemps ignoré dans les récits historiques nationaux, le génocide tzigane, ou Samudaripen (en langue romani), a pourtant frappé toute l’Europe. Le 31 juillet 1941, les Tziganes (terme regroupant plusieurs communautés : Gitan, Rom, Manouche, Sinti, Yéniche…) sont officiellement intégrés à la « Solution finale ». 500 000 hommes, femmes et enfants (chiffre officiel reconnu par l’Allemagne) furent exterminés par le régime nazi, pour la plupart gazés dans les camps. Soit un Tzigane sur deux, car leur population totale est alors estimée à un million. Dans le seul camp d’Auschwitz II-Birkenau, 23 000 Tziganes, dont 9 000 enfants, ont péri.
En France aussi, la persécution fut bien réelle et elle s’inscrit dans une histoire plus ancienne de stigmatisation et de contrôle administratif. Dès la fin du XIXe siècle, les Tziganes font l’objet de mesures discriminatoires, et en 1912, l’État français instaure un carnet anthropométrique, imposant photographies, empreintes digitales et signalement physique. Ce dispositif place les Tziganes sous un contrôle policier permanent. Il ne sera aboli qu’en 1969.
« Un ennemi potentiel » de la France
Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont assignés à résidence…