Le trafic de drogue est très présent dans le débat public en raison des violences et des atteintes à l’ordre public qui ont touché les Pays-Bas et la Belgique, puis la France. À partir des années 1990, la montée a été progressive, en particulier sur la cocaïne dont l’augmentation est la plus notable. Cette arrivée massive en Europe correspond à une crise de surproduction dans les pays d’Amérique du Sud et à un rééquilibrage des exportations, le marché américain étant saturé.
L’arrivée massive des drogues a entraîné un double phénomène inquiétant : une baisse importante des prix et une augmentation de la pureté des produits, cela a entraîné une augmentation du nombre de consommateurs… La crise du Covid a joué un rôle d’accélérateur, le confinement a permis une adaptation très rapide des réseaux qui ont perfectionné leur utilisation des outils numériques : listings de clients, livraisons par téléphone mobile, relance des consommateurs, essais gratuits sur les nouveaux produits… Les trafiquants ont adopté les recettes de l’ubérisation ! On assiste dès lors à une banalisation de la consommation pour des personnes qui ne se seraient pas déplacées sur les points de vente.