Grâce à un nouveau microscope, en Suisse, des chercheurs sont parvenus à filmer en direct des virus de la grippe infectant une cellule. Cette avancée technologique révèle, à une échelle jamais atteinte, les mécanismes précis de l’infection et les premières réactions de défense de la cellule.

Publié le 01/02/2026 10:00

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Image du virus de la grippe prise par le microscope ViViD-AFM. (Capture d'écran (Emma Hyde / ETH Zürich))

Image du virus de la grippe prise par le microscope ViViD-AFM. (Capture d’écran (Emma Hyde / ETH Zürich))

Une équipe de scientifiques rattachés à l’université de Zurich en Suisse et à l’université d’Hokkaido au Japon a réussi à filmer la grippe. Plus précisément à observer, en fin d’année 2025, en temps réel des virus de la grippe en train d’infecter des cellules.

Le principe est simple, le virus se balade à la surface de la cellule où il y trouve des récepteurs chimiques. Il s’y attache, et grâce à eux, il entre dans la cellule. À l’intérieur, il transmet son ARN, le précurseur de l’ADN pour que la cellule le lise et se mette à reproduire plein de nouveaux virus. C’est de cette façon que l’on « attrape » un virus.

Jusqu’à présent cette histoire bien connue sur le plan théorique se déroulait sur quelques nanomètres, une échelle trop petite pour être observée directement.

Pour observer le virus se développer dans une cellule, il n’existait pas beaucoup d’outils capables de filmer à l’échelle du nanomètre. La microscopie électronique implique de tuer les cellules, elle n’est donc pas adaptée. La microscopie à fluorescence a une résolution trop basse. Il a donc fallu inventer un nouvel outil dédié : un système hybride entre microscopie à force atomique et microscopie à fluorescence, que les chercheurs ont baptisé ViViD-AFM.

Avec ce nouveau microscope, les chercheurs ont pu visualiser directement le virus en train d’attaquer la cellule, et un phénomène inédit a été découvert. La cellule se défend. Elle s’étire, ondule et tente de saisir le virus. Une sorte de danse de survie. Cette nouvelle technique d’observation pourrait nous aider à concevoir des traitements antiviraux, ou encore des vaccins, en visualisant directement leur efficacité.