Jordan Bardella et Marine Le Pen, quittant Matignon après des consultations en septembre 2025.

ADNAN FARZAT / NurPhoto via AFP

Jordan Bardella et Marine Le Pen, quittant Matignon après des consultations en septembre 2025.

La consigne n’est pas arrivée jusqu’à lui ou il ne veut pas la suivre. Condamnée en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen a infléchi sa ligne de défense pour son procès en appel, reconnaissant à demi-mot qu’une faute non intentionnelle a pu être commise. Un changement de cap stratégique… à côté duquel Jordan Bardella est passé.

Alors qu’en première instance Marine Le Pen avait nié tout détournement de fonds public, elle a reconnu en appel la possibilité d’une faute commise sans intention. « Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre. Mais je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit », a-t-elle insisté.

Avec ce changement de pied, Marine Le Pen espère faire lever l’exécution immédiate de sa peine d’inéligibilité et qui a justement été prononcée face au risque de récidive des accusés qui n’ont manifesté « aucune prise de conscience de leur violation de la loi et de l’importance de la probité. »

« Elle est totalement innocente »

Mais Jordan Bardella, qui la remplacera à la présidentielle de 2027 en cas d’empêchement, persiste. Refusant de « commenter un verbatim sorti de plusieurs heures d’audition », il soutient « l’innocence » de la triple candidate à la présidentielle. « Ce qui est certain, c’est qu’elle est totalement innocente des faits qui lui sont reprochés, qu’elle est aujourd’hui présumée innocente et qu’elle se bat pour démontrer que ce désaccord administratif qui nous oppose au Parlement européen n’a pas lieu d’être », déclare-t-il.

« N’étant pas concerné par le dossier, j’ai une liberté de ton et d’expression. Mais je me garderai bien, évidemment, de toute forme de polémique alors que les échanges sont en cours devant la Cour d’appel », ajoute-t-il.

Les réquisitions dans l’affaire des assistants parlementaires du FN sont attendues mardi 3 février. Et rien ne permet d’anticiper le jugement. Car si Marine Le Pen a plaidé l’ignorance, les autres prévenus qui ont défilé à la barre se sont parfois montrés brouillons et pas toujours convaincants. De Louis Aliot, l’ancien compagnon, resté un intime, qui disserte sur l’importance de la galette des rois dans la vie politique. À Bruno Gollnisch et ses subjonctifs imparfaits qui reconnaît « une organisation » dans l’embauche des assistants. Heureusement que la déclaration de Jordan Bardella n’a pas été faite à la barre.