Peintre et plasticienne née à Tbilissi, formée entre la Géorgie, l’Allemagne, la Finlande et la France, Nino Kapanadze déploie une œuvre où la mémoire historique, la spiritualité chrétienne et l’expérience européenne dialoguent avec charme. Au micro de Chrétiens d’Orient, elle revient sur son enfance géorgienne, marquée par le contraste saisissant entre l’art officiel hérité du réalisme socialiste soviétique et les monastères de montagne, lieux décisifs de sa véritable éducation esthétique.
Nino Kapanadze, Lamaria, 2023, photo par Alex Kostromin – ©️ Nino Kapanadze, ADAGP, Paris, 2026
Emmenée très jeune par sa grand-mère dans ces sanctuaires isolés, Nino Kapanadze y découvre une autre idée de la beauté : celle de la lumière, du silence, de la patience des icônes et des fresques anciennes. Là où l’art soviétique promettait un avenir abstrait et idéologique, les monastères regardaient l’éternité. Cette tension structure encore aujourd’hui sa peinture, faite de couches fines, de transparences, de palettes claires et retenues, où affleurent des signes (croix, vigne, arbres) souvent découverts après coup, comme des apparitions plutôt que des intentions.
Nino Kapanadze, Cascades, 2025, Chapelle Sainte Croix, Villa Atrata – ©️ Nino Kapanadze, ADAGP, Paris, 2026
La conversation explore aussi le rapport de l’artiste à l’iconographie chrétienne, pratiquée dans l’intimité comme un « service à l’église » et une forme de prière active, ainsi que son interrogation plus large sur la création contemporaine : faut-il transgresser ou rester fidèle à un héritage ? Entre Géorgie et Europe, entre modernité et tradition, Nino Kapanadze dessine un chemin artistique où la grâce ne se provoque pas mais se laisse parfois cueillir.
Générique original composé par David Federmann
« Human urge to imprint is still echoing from Cueva de las Manos. Throughout the history of civilisation, this urge has found its various expressions in – call it masterpieces, call it vandalisms. My fresco painting is maybe nothing more than to say that I WAS HERE X, without saying that / was here. Around 20 square meters of not so fragile eternity.
The fresco painting depicts late springtime woods where two trees, not at the exact central part of the composition, cross and represent a sign X only through a certain viewing point, without ever actually touching each other. This image is materialising an instant of this viewing point which otherwise lacks to be drawn at the three-dimensional coordinate system. Making the illusion real. As for the significance, X of course can be attributed to everything it ever symbolised.
The work will not be signed directly, as it is embodied within a historic tradition of the wall painting techniques.
Artist must give everything to the wall and leave it there, the effect of time is unpredictable. »
Nino Kapanadze