L’ancien Premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a estimé ce dimanche que le budget 2026, dont l’adoption définitive est attendue lundi, ne met pas la France « sur le bon rythme » de la réduction des déficits. « Je suis soulagé qu’on ait un budget, (mais) je pense que nous ne sommes pas sur le bon rythme », a déclaré sur LCI Pierre Moscovici, qui a rejoint la Cour des comptes européenne.

« Si on veut que la France […] retrouve sa souveraineté, sa capacité d’agir, il faut qu’elle réduise ses déficits. Car si elle ne réduit pas ses déficits, c’est sa dette qui augmente », a-t-il poursuivi. Ce budget, qui vise un déficit de 5 % du PIB, « améliore trop lentement les choses », selon lui, alors que la France a pour objectif de descendre sous les 3 % d’ici à 2029. D’autant qu’en 2027, année de l’élection présidentielle, « il ne va rien se passer » en termes de réformes, a-t-il ajouté.

« Dans un déclin relatif »

Si la croissance en 2025, chiffrée vendredi par l’Insee à +0,9 %, est meilleure qu’attendu initialement, elle reste inférieure « à la moyenne de la zone euro » et « deux fois et demi moins que les Etats-Unis », a souligné l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande.

Début 2000, « notre PIB par tête était équivalent » à celui des Etats-Unis, « aujourd’hui, nous sommes à 73 % […] Petit à petit, nous sommes dans un déclin relatif dont nous ne pouvons pas nous accommoder », a-t-il alerté. Lundi, deux motions de censure présentées par la France insoumise et le Rassemblement national seront examinées à l’Assemblée nationale en réponse à l’ultime 49.3 utilisé par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour faire adopter définitivement le budget de l’Etat. Elles devraient, sauf énorme surprise, être rejetées.