À Montpellier, Paris, ou Avignon, notamment, des élus ou cadre Écologistes rallient des listes La France insoumise, en opposition à la stratégie définie par leur direction nationale. Explications.

Les élections municipales 2020, dans un contexte très particulier en pleine crise du Covid, s’étaient transformées en divine surprise pour les Écologistes, avec des villes de la dimension de Lyon, Bordeaux, Strasbourg, ou Poitiers qui étaient tombées dans leur escarcelle, ce que personne n’avait vraiment pronostiqué. Sans oublier Grenoble où le Vert Éric Piolle avait été reconduit, ce qui était déjà un peu plus envisageable.

Six ans après la divine surprise…

Pour diverses raisons, six ans plus tard, l’euphorie ne semble plus de mise à une grosse quarantaine de jours du premier tour de scrutin. Car l’édition 2026 de ces élections municipales semble dessiner le cadre d’une nouvelle crise chez les Écologistes. Qui a pris forme cette semaine à… Montpellier, puis à Paris, et enfin à Avignon. Où l’on a observé, à chaque fois, des élus ou cadres Écologistes aller contre les options retenues au cas par cas par leur parti et sa direction, incarnée par Marine Tondelier.

Comme l’a relaté Midi Libre, à Montpellier, c’est d’abord la présidente du conseil fédéral des Écologistes Julia Mignacca qui a lâché la liste autonome conduite par le député Jean-Louis Roumégas pour rejoindre celle menée par la députée LFI Nathalie Oziol.

Une tribune, 400 signatures

Dans la capitale, ce sont les conseillers de Paris écologistes Jérôme Gleizes et Émile Meunier qui ont rallié la candidate LFI Sophia Chikirou. Le parti avait pourtant choisi de s’allier dès le premier tour avec le socialiste Emmanuel Grégoire. Et à Avignon, la cheffe de file des écologistes Sabah Badji a elle aussi finalement opté pour les Insoumis.

Depuis, d’autres cadres écologistes ont décidé de partir avec LFI, à Nantes ou à Marseille, là encore en faisant fi des consignes données ville par ville par la direction nationale et Marine Tondelier.

Une secrétaire nationale des Écologistes qui, à six semaines du premier tour, se serait bien passée de cette fronde. Fronde s’est également matérialisée avec une tribune signée par environ 400 personnes, qui déplorent la stratégie retenue pour les municipales : « La direction nationale a essentiellement privilégié l’alliance avec le Parti socialiste, faisant ainsi des Écologistes la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire. »

« Mais ça concerne qui ? »

Une fronde que, depuis Montpellier, minimise Manu Reynaud exclu des Écologistes depuis 2025 « parce que je prônais l’union de la gauche autour de Michaël Delafosse », le maire sortant candidat à sa propre succession, dont il est l’adjoint et aux côtés de qui il reste engagé : « Mais ça concerne qui ? Quelques individus, dans quelques villes, dont, pour certains, le parcours n’est pas étonnant. Et c’est visiblement une opération bien synchronisée orchestrée par LFI. Et la pétition… 400 personnes ? Généralement, ce genre d’initiative fait plus de monde, non ? En tout cas, moi, je suis en phase avec la ligne défendue par Marine Tondelier ».

Reste que ce coup de force de l’aile gauche des Écologistes laisse d’ores et déjà augurer, au-delà de ces municipales, quelques moments délicats à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.