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Rédaction de Toulouse

Publié le

1 févr. 2026 à 14h10

Depuis de nombreuses années, Patrice Castel consacre son temps avec l’association « Mémoire résiste, histoire et mémoire de la Résistance en Occitanie » à la redécouverte de « soutiers de la gloire, de ces hommes et ces femmes restés dans les méandres de l’histoire ». Après avoir œuvré à la réhabilitation de David Elbaz, agent de renseignement et chef du maquis Trezel qui prit part à la Libération de Toulouse en août 1944, il s’est intéressé à Madeleine Lévy, autre figure locale oubliée du mouvement Combat.

Une assistante sociale devenue résistante

Cette Parisienne d’origine, petite-fille du capitaine Dreyfus, quitte la capitale au printemps 1940 pour se réfugier à Toulouse. Elle y travaille comme assistante sociale à la Croix rouge française avant de rejoindre rapidement les rangs résistants sous le nom de « Madeleine Dupuy »

. « Elle s’occupe aussi bien de la fabrication de faux papiers que de l’aide logistique à des familles de résistants en difficulté ou encore de l’exfiltration de Juifs en Espagne en passant par les Pyrénées. Elle aussi a parfois du mal à subvenir à ses besoins et reçoit l’appui de la part de Maurice Fontvieille du réseau Libérer Fédérer, qui lui octroie des tickets de rationnement » explique Patrice Castel.

Arrêtée à son domicile 

Au cours de l’année 1943, la jeune femme se sait surveillée par la Gestapo en raison de ses activités clandestines. Un tract la dénonçant circule même en ville.

Malgré le danger, elle insiste auprès de sa hiérarchie pour continuer ses missions périlleuses. Mais le 2 novembre, elle est arrêtée à son domicile, au 20 rue de la Dalbade par la Milice.

Un mois et demi plus tard, la Gestapo poursuivra son travail de sape au cours d’un coup de filet retentissant baptisé « l’opération de Minuit » en arrêtant François Verdier, le chef régional des Mouvements unis de la Résistance (MUR) et plus d’une centaine de personnes dans tout le département.

Dévoilement d’une plaque commémorative

Madeleine Lévy est déportée en tant que juive (et non comme résistante) par le convoi n°62 du 20 novembre 1943, convoi funeste qui transporte depuis Drancy jusqu’à Auschwitz, 1 200 personnes, dont 586 femmes et 83 enfants de moins de douze ans. Elle n’y reste que quelques jours, et est déclarée décédée le 25 novembre, probablement à cause du typhus sévissant dans le camp.

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Une plaque en sa mémoire

Lucie Dreyfus, sa grand-mère (la veuve du capitaine), terrassée de chagrin, mourra en 1945. Plus de 80 ans après les faits, une cérémonie officielle lui rend enfin hommage. Une plaque a été dévoilée jeudi 29 janvier, à l’adresse de son arrestation.

Mathieu Arnal

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