Dans une clinique de la ville de Gaza, le 31 décembre 2025. OMAR AL-QATTAA/AFP
Israël a annoncé, dimanche 1er février, la fin prochaine des activités de Médecins sans frontières (MSF) dans la bande de Gaza après le refus de l’ONG internationale de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.
Le ministère de la diaspora, responsable de l’enregistrement des organisations humanitaires, a précisé dans un communiqué que MSF devrait quitter le territoire palestinien « d’ici le 28 février ». Cette décision fait suite « au refus de MSF de soumettre des listes d’employés locaux, une exigence applicable à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région », a-t-il ajouté en accusant l’ONG d’être revenue sur un engagement pris en ce sens début janvier.
Le ministère avait auparavant affirmé que deux employés de l’organisation avaient des liens avec les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique, ce que MSF nie fermement.
MSF a réagi en dénonçant « un prétexte pour empêcher l’aide humanitaire » dans le territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre. « Les autorités israéliennes contraignent les organisations humanitaires à un choix impossible : exposer leur personnel à des risques ou interrompre des soins médicaux essentiels pour des personnes désespérément dans le besoin », déplore le communiqué de MSF.
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« Aucun dialogue possible avec les autorités israéliennes »
MSF avait annoncé vendredi avoir initialement accepté, en janvier, à titre de mesure « exceptionnelle », de partager une « liste partielle » des noms de membres de son personnel palestinien et international, « sous réserve d’engagements clairs quant à leur sécurité ».
« Malgré ces efforts répétés, il est devenu évident ces derniers jours qu’aucun dialogue avec les autorités israéliennes n’était possible pour obtenir les garanties nécessaires », a ajouté l’ONG, qui a décidé en conséquence de ne pas partager « la liste de son personnel palestinien et international avec les autorités israéliennes ». Le ministre de la diaspora, Amichai Chikli, a fustigé ce revirement, affirmant que les salariés de l’organisation « ne répondaient pas aux critères fixés ».
Cette annonce intervient alors qu’Israël a durci les conditions d’exercice des organisations humanitaires. En décembre 2025, les autorités avaient prévenu que 37 organisations humanitaires ne seraient plus autorisées à opérer à Gaza à partir du 1er mars. Une directive de mars 2025 impose désormais un contrôle strict sur le personnel palestinien des organisations internationales.
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Israël mène parallèlement une offensive diplomatique et administrative contre l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’accusant de collusion avec le Hamas. Israël a notamment affirmé que certains de ses employés avaient participé à l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023.
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En janvier, les autorités israéliennes ont démoli des bâtiments du siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est, une action que l’organisation a qualifiée d’« attaque sans précédent ». L’UNRWA a annoncé début janvier le licenciement pour des raisons financières de 571 salariés de la bande de Gaza, qui avaient déjà quitté le territoire palestinien. Cette agence de l’ONU est désormais interdite d’opérer à Jérusalem-Est mais poursuit ses activités à Gaza et en Cisjordanie, occupée par Israël.
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