S’il n’a pas été autorisé à reprendre la compétition avec Toulouse contre Bayonne ce samedi en raison d’un délai imprescriptible de convalescence, Romain Ntamack sera en position de retrouver le groupe des « 42 » le 10 février. Reste à savoir ce que décidera le staff des Bleus, en fonction de la performance de Matthieu Jalibert face à l’Irlande…
À l’arrêt depuis la réception de La Rochelle (28 décembre) en Top 14, Romain Ntamack n’a toujours pas rejoué avec son club. Victime sur un plaquage d’une fissure de la capsule fibreuse du rein, le demi d’ouverture du XV de France était depuis lors interdit de contact, et soumis à une surveillance étroite. Une situation d’autant plus frustrante pour Romain Ntamack que celui-ci avait de très bonnes sensations lors de ses sessions d’entraînement physique ou des jeux sans contact réalisés auprès de ses coéquipiers, tandis que son saignement était résorbé.
Pour être précis, son retour était en grande partie conditionné à une imagerie prouvant que la fissure était totalement résorbée, condition sine qua non à un retour à 100 %. Autant dire que Romain Ntamack pensait avoir atteint le bout du tunnel cette semaine, lorsque les résultats de l’examen furent ceux espérés. Celui-ci pensait dès lors pouvoir retrouver du temps de jeu contre Bayonne (victoire 31-10), afin de démontrer au staff du XV de France que cette blessure était de l’histoire ancienne…
NTK freiné par ses médecins
Le hic ? Il est que Romain Ntamack a essuyé un veto du staff médical stadiste, conscient de ses enjeux sportifs personnels mais plus encore de la nécessité de protéger sa santé. En effet, l’urologue consulté par le staff toulousain avait préconisé une période de quarante jours sans contact avant un retour au jeu. Or, samedi soir, Romain Ntamack n’en était qu’à son 34e jour post-blessure. Il ne se trouvait donc pas encore autorisé à jouer, quand bien même tous ses examens étaient impeccables…
De quoi inciter le staff des Bleus à retarder son retour à la compétition ? Cela reste à voir. En effet, cette semaine, le XV de France restera à 28 joueurs jusqu’au match contre l’Irlande, avant de bénéficier de quatre jours de repos. Ce n’est qu’à partir du mardi 10 février que les Bleus se retrouveront pour deux jours de travail à 42, soit largement après le délai de repos obligatoire de Romain Ntamack qui pourra cette fois postuler pour préparer le déplacement au pays de Galles.
Toutefois, son éventuelle convocation (en lieu et place du Racingman Ugo Seunes, par exemple…) n’est pas garantie. D’abord parce qu’il n’aura pas encore rejoué avec son club mais surtout parce qu’en cas de bonne performance de Matthieu Jalibert face à l’Irlande, on imagine mal le staff tricolore faire peser trop rapidement une épée de Damoclès sur les épaules du Girondin. La logique voulant que Ntamack renoue d’abord avec le terrain sous le maillot de son club, qui se déplacera le 15 février à Paris.
Jalibert : pression supplémentaire
Quoi qu’il en soit, la nouvelle du prochain retour à la compétition de Ntamack va forcément éclairer d’une autre lumière la titularisation de Jalibert contre l’Irlande. Ce dernier ayant fatalement conscience que la moindre erreur pourrait être plus lourde de conséquences que prévu… Une donnée qui implique fatalement cette question : comment le Bordelais va-t-il gérer cette pression supplémentaire, lui qui ne s’est jamais réellement installé durablement en sélection lorsqu’il en avait l’occasion ? Vaste question…
Pour Matthieu Jalibert, l’équation est très simple : ce Tournoi constitue bien plus qu’une simple opportunité de s’installer enfin dans la peau d’un titulaire, ou de confirmer qu’il restera l’éternel « numéro bis » au nom d’une complémentarité qui reste à prouver avec Antoine Dupont sous le maillot du XV de France. C’est là un facteur qui demeure évidemment l’atout majeur planqué dans la manche de Romain Ntamack, dont le duo avec le capitaine des Bleus a fait ses preuves en club et au niveau international depuis de longues années. Une donnée qui ne saurait donc demeurer anodine dans l’esprit du staff, quand bien même celui-ci a bien fait comprendre à tout son monde avant ce Tournoi que nul n’était désormais intouchable. Quel que soit son statut…