Francis Savel, né le 8 mai 1928 à Lalinde, en Dordogne, est d’abord peintre. Il rencontre un succès notable dans les années 1960 avec une première grande exposition à la galerie Drouant, à Paris. Protégé de Pierre Bergé, son travail est également très apprécié de Jean Cocteau. Georges Beaume, l’agent d’Alain Delon, demandera au réalisateur Guy Gilles de tourner un court métrage sur Francis Savel, en 1964. Il recroisera Guy Gilles quelques années plus tard, lorsque le réalisateur tournera, dans la maison du peintre à Jouques, près d’Aix-en-Provence, une scène du film Au pan coupé (1968), où l’on peut voir Francis Savel réaliser le portrait de l’acteur Patrick Jouané aux côtés de Macha Méril.

Portrait de Francis Savel/Frantz Salieri : à gauche, photo de Guy Gallice / à droite, aquarelle de Vincent Puren, artiste peintre et plasticien Portrait de Francis Savel/Frantz Salieri : à gauche, photo de Guy Gallice / à droite, aquarelle de Vincent Puren, artiste peintre et plasticien – © Guy Gallice / Vincent Puren

Il arrêtera la peinture, entre autres à la suite d’une déconvenue avec l’Église catholique qui, après lui avoir passé commande, refusa ses œuvres une fois terminées. Il ira jusqu’au procès et perdra en appel. Il choisit de se réinventer après les événements de 1968 sous le pseudonyme de Frantz Salieri. Après avoir croisé le chemin de Michou dans son cabaret, Francis Savel (Frantz Salieri) va lui-même créer La Grande Eugène. Ce cabaret transformiste, où l’on croise le personnage d’Erna Von Scratch joué par Jean-Claude Dreyfus, rencontrera un énorme succès pendant une décennie (de 1969 à 1979).

Francis Savel / Frantz Salieri participera à deux films de Joseph Losey : Monsieur Klein (1976), pour une scène de cabaret, puis Don Giovanni (1979), où, en plus de créer les costumes, il participe à l’écriture du scénario et conseille Joseph Losey tout au long du tournage.

de haut en bas et de gauche à droite : image du film "Le journal d'un combat (1964) / Portrait d'Erna Von Scratch (Jean- Claude Dreyfus), aquarelle de Vincent Puren / Affiche du film "Don Giovanni" et pochette du DVD "Equation à un inconnu" de haut en bas et de gauche à droite : image du film « Le journal d’un combat (1964) / Portrait d’Erna Von Scratch (Jean- Claude Dreyfus), aquarelle de Vincent Puren / Affiche du film « Don Giovanni » et pochette du DVD « Equation à un inconnu » – © Guy Gilles / Vincent Puren

En 1979, sous un nouveau pseudonyme, Dietrich de Velsa, Francis Savel réalise un film pornographique homosexuel à l’atmosphère mystique et désenchantée, où musique et effets sonores concourent à faire d’Équation à un inconnu une œuvre unique. Dans les années 1980, il poursuit sa carrière de metteur en scène et de costumier, mais disparaît assez rapidement. On ne trouve quasiment aucun élément sur sa vie après 1985…

Une rencontre inattendue pendant les entretiens de ce documentaire va toutefois nous permettre d’en savoir un peu plus sur la fin de sa vie.

Pour en parler

BibliographieLectures

  • par Yann de Monterno, Hélène Lausseur et Olivier Martinaud
  • Extraits de lettres de Francis Savel adressées à Jean Cocteau (provenant du fonds Cocteau)
  • Lecture de la préface du catalogue de l’exposition de Francis Savel par Jean Cocteau,
  • Extrait du Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques
  • Article de Hervé Joseph Lebrun
  • Extrait d’un article de la saison cinématographique de 1980 de Bernard Millet

Archives

  • Extrait de Atout Coeur  (10/06/1986)
  • Reportage La Grande Eugène (04/11/1970)
  • Le Peintre (INA 1960)

Musiques

  • Oeuvres de Mozart
  • C’est vrai par Mistinguett
  • L’Ange bleu par Marlène Dietrich
  • J’ai deux amours par Joséphine Baker
  • Qui sait, qui sait, qui sait par Les sœurs Etienne
  • Pop-corn par le groupe Hot Butter

Films (extraits)Remerciements

A Hervé-Joseph Lebrun pour ses recherches précieuses, Joël Barguil et François Moulignat pour leur accueil dans leur galerie Images/Ventenac (entretien avec Jean-Claude Dreyfus), Pierre Missika, la bibliothèque Kandinsky du Centre Beaubourg et la bibliothèque des archives de Paris pour l’accès au « fonds Cocteau ».

Générique

Un documentaire de Vincent Puren, réalisé par Marie-Laure Ciboulet. Prises de son, Nicolas Mathias, Martin Troadec, Gregory Wallon, Julie Garraud. Mixage, Guillaume Ledu. Lectures, Yann de Monterno, Hélène Lausseur, Olivier Martinaud. Coordination, Emmanuel Laurentin. Chargée de programme et édition web, Sandrine Chapron.