Le syndicat dénonce la décision « assez lâche » de mise en vente de sa filiale travaillant pour l’ICE.

Publié le 01/02/2026 16:35

Temps de lecture : 3min

Une photographie du logo de l'entreprise Capgemini. (ERIC PIERMONT / AFP)

Une photographie du logo de l’entreprise Capgemini. (ERIC PIERMONT / AFP)

« On exige un arrêt immédiat de la collaboration » de Capgemini « avec le gouvernement fédéral américain sous toutes ses formes », déclare Benjamin Girard, délégué syndical de la CGT Capgemini à Nantes (Loire-Atlantique), sur franceinfo dimanche 1er février. Quelques heures plus tôt, le groupe a annoncé la mise en vente de sa filiale qui fournissait à la police américaine de l’immigration (ICE) un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères.

Cette décision est « assez lâche », réagit Benjamin Girard. Il se dit « soulagé pour nos collègues de ne plus être complices de ce qui se passe aux États-Unis », mais il pointe aussi le fait que l’outil d’identification et de localisation de personnes étrangères va simplement être géré par une autre entreprise. « Capgemini dit ‘j’ai un fusil, j’ai tué des centaines de personnes avec’, et au lieu de le détruire, le vend en pensant que ça va effacer le sang qu’on a sur les mains », déplore-t-il.

Ce contrat entre la filiale de Capgemini, groupe côté au CAC40, et l’ICE, police fédérale mobilisée par le président américain Donald Trump dans une vaste campagne anti-immigration, a été révélé le 21 janvier par l’association l’Observatoire des multinationales.

« Il y a cette filiale, mais il y en a probablement d’autres, on a 6 000 de nos collègues qui sont aux États-Unis », rappelle le délégué de la CGT. Le syndicat exige un audit sur « tous les contrats qu’il y a eu avec l’ICE depuis 2007 » mais aussi « des garanties écrites de la part de notre employeur pour ne plus reproduire ces dérives ». Il souhaite « que Capgemini s’engage à revoir l’ensemble de ses contrats qui concernent l’armement et la défense », et que le groupe mette en place une clause de conscience, pour que les employés puissent refuser de travailler pour ce type de missions. « Nos collègues avaient peur des potentielles représailles », affirme Benjamin Girard. Il pense par exemple « au site de Rennes où il y a beaucoup de missions liées à la défense ».

Enfin, la CGT ne veut pas réduire cette problématique au cas des États-Unis et de sa police de l’immigration (ICE), puisque Capgemini est présent dans une cinquantaine de pays dans le monde. « Ça concerne aussi les partenariats commerciaux avec des entreprises ou des institutions qui sont complices de guerre, de colonisation, de génocide ou de violences policières partout dans le monde », liste Benjamin Girard. Il pointe par exemple le cas de la France : « On travaille avec le ministère de l’Intérieur, avec le ministère des Armées et on travaille aussi avec les grandes entreprises françaises qui fabriquent de l’armement utilisé dans divers conflits tout autour du monde. »