Par
Margot Nicodème
Publié le
1 févr. 2026 à 10h26
Le procureur de la République de Lille (Nord) Samuel Finielz, en poste depuis octobre 2025, a partagé en ce début d’année des évolutions conséquentes au sein du tribunal correctionnel. Pour d’un côté « accélérer le traitement de la délinquance« , et de l’autre de faciliter le traitement des « infractions de basse intensité » et des « contentieux du quotidien », par le biais de méditations. En parallèle, la priorité est de corriger la « situation très dégradée » du service des affaires familiales, caractérisé par des milliers de dossiers en attente et des délais interminables. Enfin, l’action de lutte contre la criminalité organisée, fléau sur le territoire, va s’intensifier. En 2025, 24 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis dans ce cadre.
Plus de pouvoirs aux OPJ de la gendarmerie et de la police pour traiter la délinquance
Les chiffres de l’activité annuelle du parquet de Lille sont parlants : 16 000 gardes à vues pour 3 500 suivies de défèrements. Pour accélérer la cadence, à partir du 2 février 2026, les officiers de police judiciaire (OPJ), dans la police nationale et la gendarmerie, pourront donner une réponse pénale à la délinquance, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Sous les conditions fixées par le procureur, les OPJ pourront donc, à tout moment, convoquer en justice les auteurs d’infractions, sans passer par d’autres canaux. Pour Samuel Finielz, cela représente des centaines d’infractions.
Dans un second temps, le procureur souhaite « injecter la paix sociale » dans des contentieux du quotidien. Des conciliations, ou médiations, seront proposées « dès l’origine de la plainte », avant même de lancer des investigations. Le but étant de « donner sa chance au dialogue » dans des affaires de conflits au sein de la famille (non représentation d’enfant, non paiement de la pension alimentaire…), de dégradations ou violences entre voisins, et plus banalement encore d’insultes (dont le délai de prescription dans ce cas précis n’est que de 3 mois).
La criminalité organisée et le blanchiment d’argent dans la ligne de mire du parquet de Lille
Au sujet des affaires familiales, la situation est décrite par le procureur comme « très dégradée », avec « 6 000 dossiers en stocks » au tribunal de Lille, et un délai moyen de 8 mois avant de rencontrer un juge. L’objectif en 2026 est clair : réduire ce temps d’attente, qui a en plus pour répercussion de « remettre en cause la paix dans les ménages et les familles ».
Enfin, le parquet s’attaque plus sérieusement encore à la criminalité organisée, et à la branche non négligeable du blanchiment d’argent.
Une réorganisation sera opérée pour créer plus de liens entre les services de lutte contre la délinquance économique et financière, et de lutte contre le crime organisé. Aussi bien les « vecteurs » (sociétés commerciales, cryptomonnaies, biens immobiliers) que les « facilitateurs » (ceux qui œuvrent à l’ingénierie, à la technique du blanchiment d’argent) seront poursuivis.
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Sur une note plus positive, la présidente du tribunal de Lille Stéphanie Kretowicz annonce qu’en 2025, la baisse de la délinquance des mineurs est en baisse localement, comme à l’échelle nationale (-20%).
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