En 2027, le site de l’Aven d’Orgnac proposera à ses visiteurs une visite numérique pour plonger dans les cavités d’habitude inaccessibles. En janvier, onze jours d’expédition à plus de 100 mètres sous terre, 300 kilos de matériel et 40 personnes ont été mobilisés pour créer de telles images.
Une partie invisible des grottes de l’Aven d’Orgnac sera révélée aux visiteurs en 2027 via une visite numérique pour découvrir des salles parmi les plus grandes de ce réseau de galeries long de cinq kilomètres sous nos pieds. Au total, seuls 10 % du site sont aujourd’hui accessibles au public. Une grande expédition s’est rendue dans les zones habituellement fermées pour scanner, photographier et ramener des images de ces lieux. Plus de 40 personnes, 300 kilos de matériel et onze jours d’expédition, du 8 au 19 janvier, ont été nécessaires à la réalisation du projet.
Une à deux heures de marche étaient nécessaires pour atteindre les cavités. © Aucun(e) – EURL Rémi Flament
Cela fait deux ans que l’idée trotte dans la tête de Rémi Flament, photographe, topographe et responsable de cette numérisation. Il a fallu tout préparer en amont, la plupart du matériel a été réalisé sur mesure pour coller aux exigences techniques de la grotte. « On est quand même sur des charges importantes, des volumes importants. Juste l’éclairage à lui seul, c’est quasiment 115 kilos », affirme le spécialiste. « On est sur une salle qui avoisine un hectare, pour des hauteurs parfois supérieures à 30 mètres. »
Le CO₂, « il vous asphyxie lentement »
La forte présence de CO₂ dans les cavités rend la présence prolongée dangereuse pour l’être humain. Mais dans ces conditions, impossible d’imaginer appeler des secours : il faut entre une heure et demie et deux heures pour accéder aux salles photographiées. Un ventilateur de plus d’un mètre a donc été descendu pour ventiler les cavités et permettre aux équipes de travailler. Chaque jour, dix personnes maximum sont descendues dans la grotte, avec l’équivalent de 10 à 20 kilos de matériel.
Le ventilateur nécessaire à la ventilation des cavités. © Aucun(e) – EURL Rémi Flament « On ne peut pas utiliser l’électricité tout le temps »
Pour prendre les photos et alimenter les deux scanners de l’expédition, il faut de l’énergie. Pour cela, une ligne électrique a été descendue jusqu’en bas tout comme plusieurs batteries de 25 kilos chacune. « Cette électricité est tellement précieuse, que l’on ne peut l’utiliser qu’un bref moment » avance Rémi Flament.
Sur la droite, l’un des deux scanners LIDAR capable, en marche, de faire deux millions de mesures par seconde. © Aucun(e) – EURL Rémi Flament Tenter de réduire l’impact écologique
« Il y a une attention permanente sur le matériel pour ne pas amener de source de pollution sous terre », raconte le photographe. Les équipes mangent sur des bâches, de la nourriture déshydratée pour éviter de faire des miettes, et boivent même l’eau de la grotte après l’avoir traitée.
Tout le contenu de l’expédition sera disponible et présenté le long d’un sentier à la surface. En passant exactement au-dessus des cavités, les visiteurs pourront observer ce qui se trouve sous leurs pieds. Stéphane Tocino est guide spéléologue et responsable de la conservation du site : « L’idée c’est de documenter et donner à voir ces trésors cachés à un public de façon facile et ludique ». La visite sera disponible en réalité virtuelle avec son téléphone, sur place ou à la maison depuis son canapé.
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