Et donc, pour la première fois, une « Conti fédérale », sorte de super équipe amateure, a participé à une classe 1 française (voir La Provence de samedi). Si elle a fait la joie des supporters provençaux, cette participation a fait grincer quelques dents. Ainsi, samedi, l’Union nationale des cyclistes professionnels (UNCP) et « les équipes cyclistes continentales professionnelles » (soit Nice, Nantes, Auber et Roubaix, Ndlr) ont publié un communiqué.

Les sept engagés à l’arrivée

« Cette large ouverture du circuit pro à des équipes françaises sous licence amateur compromet l’avenir de la catégorie Conti Pro » » et « fragilise un système pyramidal vertueux qui place la France au 1er rang des nations », note ce communiqué, qui se dit quand même « conscient des difficultés rencontrées par les structures du plus haut niveau amateur. »

Entre protéger de petites équipes pros et faire survivre des clubs « semi-pros », lesquels tendent tous à être pillés de leurs talents par les grandes réserves professionnelles, le cœur du cyclisme français balance. Et le débat est loin d’être terminé.

« Il faut effectivement préserver ce savoir-faire de clubs formateurs, nous a répondu le président de l’AVCA, Jean-Daniel Beurnier. Sinon, à court terme, on n’aura plus de Français. peut-être même plus d’équipe française en World Tour. »

Toujours est-il que les semi-pros aixois auront fait honneur à leur invitation, la 20e et dernière distribuée par les organisateurs. On a ainsi vu deux d’entre eux, Jack Brough et Joseph Brookes, se projeter à l’avant dès le début, route des Termes. Le premier a fini meilleur grimpeur et le second, qu’on a vu dans un deuxième mouvement après l’Espigoulier, meilleur combatif. Les 7 coureurs alignés (Barrillot, Raus, Marin, Brough, Layrac, Brookes, Guay) ont tous terminé, certes dans un 2e peloton à 4’14.

« Petits moyens » et « grandes choses »

« Les gars ont plus que brillé, a salué Beurnier, tout sourire et même ému devant le podium protocolaire. On a prouvé qu’un club amateur avec de petits moyens pouvait faire de grandes choses. C’est une énorme victoire pour nous, un grand moment d’émotion, des années de travail de notre manager Jean-Michel Bourgouin. Et je me permets aussi de citer Clément Izquierdo, qui a animé la fin de course et qui sort aussi de nos rangs. Et on en a beaucoup d’autres dans le peloton pro. »

Puis, avant d’enchaîner les selfies avec Brough et Brookes : « Il est important que nous puissions être dans les courses pros de notre région, qui sont télévisées, sur le territoire de nos sponsors. J’espère que ça permettra à d’autres organisateurs de nous faire parvenir une wild card de dernière minute ».

Une allusion même pas voilée au CIC Tour de La Provence (13-15 février), qui ne compte pas l’AVC Aix dans sa start list.