Le rendez-vous avec Simone Morgenthaler de ce vendredi 30 janvier affiche complet. La rencontre ayant démarré, la porte de l’auditorium de la BNU est fermée à double tour. Dans la salle on cause en alsacien, l’esprit régional bat son plein. Et l’heure c’est l’heure. Les retardataires peuvent cependant rejoindre la cafétéria où – c’est une première – l’échange, filmé, est retransmis en direct. Ce n’est pourtant pas la même ambiance car le public de l’auditorium, peut poser ses questions à l’intervenante. L’échange prend alors tout son sel dans ce face-à-face lecteur-auteur qui permet d’ouvrir un plus large débat autour des thématiques véhiculées par les ouvrages.
C’est là tout l’intérêt de cette première session de l’année des Bibliothèques idéales. Celle de septembre au Parlement Européen met en scène le livre et ouvre la porte à la musique, et la prochaine, du 22 au 29 mars, s’inscrit pour sa 4e édition dans le Temps des féminismes (église Saint-Guillaume). Les Bibliothèques idéales en mode hivernal profitent quant à elles de la BNU pour pousser un peu plus la réflexion et distribuer, dans un même élan, la parole. Une parole partagée par les 200 à 300 personnes qui se bousculaient à presque chacune des rencontres.
« L’enfer n’exclut pas l’humour »
L’un des moments forts aura été la venue samedi 31 janvier de Judith Godrèche. Avec cette question : « Que faire du silence des adultes quand on est enfant ? ». Les souffrances passées de l’actrice-autrice réveillent, non sans larmes, l’un ou l’autre vécu similaire dans l’assistance. L’écrivaine pèse ses mots et prend le temps de répondre. Surtout quand fuse cette question : « Pourquoi c’est plus difficile de dire les mots à voix haute que par écrit ? » interroge un petit garçon. Vaste sujet. « J’emmène la question avec moi à Paris et j’y réfléchis », propose, tout sourire, Judith Godrèche sur un ton léger tranchant avec la gravité de la thématique. Ce qui surprend Marie-Pierre, venue pour la première fois aux Bibliothèques idéales : « Je souhaitais l’entendre avant de lire son livre, explique la Strasbourgeoise. Car on “sent” plus les gens quand on les voit. Et là je la découvre faisant des blagues, moins dramatique que dans ses pages. Elle est vivante quoi ! ».
Vivante comme Velibor Colic autre invité phare des Bibliothèques idéales. Il a connu la guerre avant de se réfugier à Strasbourg, et dans la littérature. Fort de son vécu, il rappelle – entre autres extraits de sa verve – que « l’enfer n’exclut pas l’humour » avant de conclure « la littérature n’a pas forcément la réponse, mais au moins elle pose la question ». Les questions ont été nombreuses tout au long de ces 10 jours de rencontres pendant lesquels Strasbourg a été à nouveau la capitale du livre.
Le 22 mars à 20 h, concert de Gréogry Ott et Sélia Setodzo, « Nina Simone, l’écorchée vive », église Saint-Guillaume dans le cadre du Temps des féminismes. Entrée libre.