À une époque où tout le monde est en mesure de photographier ses moindres faits et gestes à l’aide de son téléphone portable, on pourrait penser que la profession de photographe professionnel est en perte de vitesse. À Niort, il n’en est rien. Il suffit de se balader dans les rues du centre-ville pour s’apercevoir que la profession n’est pas en danger (1). Au moins quatre photographes ont pignon sur rue. « On est une ville assez riche en photographes », ironise Natacha Blanché.

Installée depuis 2004, place du Temple, la photographe déplore : « On a un métier qui est cannibalisé car tout le monde se prétend photographe. C’est un métier qui n’est pas protégé. » Il suffit d’aller sur Internet pour comprendre et voir une multitude d’offres pour vous tirer le portrait, rendre compte de votre mariage ou tout autre événement familial.

« Tout le monde se prétend photographe »

Une concurrence déloyale, selon Natacha Blanché qui défend son métier et son diplôme de photographe. « Avec les différents statuts (indépendant, SARL, autoentrepreneur), nous ne sommes pas sur un pied d’égalité, regrette encore la photographe originaire de Saintes. Il y a vingt ans, je faisais plus de cent mariages par an, j’en ai moitié moins aujourd’hui. Moi, je travaille à l’ancienne et j’apprécie que mes clients aient des albums photos qu’ils ont choisis sur les planches contact que je leur propose. »

Malgré tout, Natacha Blanché s’éclate toujours autant. À la voir évoluer dans sa boutique, elle prend plaisir à accueillir chaleureusement sa clientèle. « Ce n’est que du bonheur, reconnaît celle qui ne compte pas ses heures et qui travaille en solo. La photo, c’est aussi le bien-être de ses clients, il faut qu’ils se sentent à l’aise. »

Natacha Blanché va plus loin que tirer le portrait et restaurer les photos de famille, elle assure un vrai conseil pour ceux qui constituent un dossier administratif. « Pour tout ce qui se fait en ligne, je guide les clients car un dossier peut vite être refusé par l’administration. »