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«French Navy, French Navy!» Le 22 janvier, le pétrolier Grinch, battant pavillon des Comores et placé sous sanctions de l’UE, de la Suisse et des Etats-Unis, navigue en mer d’Alboran, entre le Maroc et l’Espagne, lorsqu’il est intercepté. En provenance de Mourmansk, dans le nord de la Russie, il a chargé du brut dans un port de l’Arctique. Sa destination? «For orders», indique son signal AIS, rapporte Lloyd’s list. Autrement dit, aucun port de déchargement ne lui a encore été assigné. Une pratique courante mais de plus en plus suspecte, car caractéristique de la «flotte fantôme» de la Russie, utilisée pour contourner les sanctions internationales et écouler son brut. Appuyée par le Royaume-Uni, la Marine nationale française arraisonne le bateau, soupçonné d’arborer un faux pavillon et le déroute vers le port de Marseille-Fos.
Une dizaine de jours plus tôt, c’était l’Allemagne qui empêchait l’entrée dans ses eaux territoriales d’un autre pétrolier, le Tavian, battant pavillon camerounais et soupçonné par Berlin d’utiliser une immatriculation falsifiée. Les interventions de ce type se multiplient. «Il y a indéniablement un changement d’approche chez un certain nombre de pays occidentaux, qui observent traditionnellement une grande prudence vis-à-vis de toute infraction ou de toute atteinte à ce qu’ils perçoivent comme la liberté de navigation», explique Stéphane Audrand, consultant indépendant en risques internationaux, historien, et officier de réserve dans la Marine.