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Le manager du Stade Toulousain s’est livré, auprès du magazine Tampon, sur l’un des épisodes les plus douloureux de sa vie : la mort d’Ingrid, sa sœur cadette, décédée à seulement 26 ans dans un accident.

Une plaie, vive, et qui ne se refermera jamais complètement. C’est avec beaucoup de pudeur et d’émotion qu’Ugo Mola, le manager du Stade Toulousain, évoque la mémoire d’Ingrid, sa sœur cadette, tragiquement décédée en 2001 dans un accident de la circulation, sur la route entre Toulouse et Castres.

Elle était âgée de seulement 26 ans, Ugo Mola en avait 28. Un épisode très douloureux qu’il qualifie d' »histoire malheureuse de [s] a vie ». En 2001, l’ailier ou arrière est encore joueur, il évolue à Castres depuis 4 ans. « À ce moment-là, plus d’une dizaine de joueurs, dont moi, habitait à Toulouse et on faisait les allers-retours à Castres » confie-t-il au magazine Tampon.

Une situation à laquelle Ugo Mola souhaite mettre fin, afin de mieux se rapprocher de ses coéquipiers tarnais. « Je prends un appartement à Castres. Ma sœur vient de finir son DESS de droit de la communication et trouve un job chez Gerblé, à Revel. […] Donc elle vient me retrouver souvent. »

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« Et un soir », poursuit Ugo Mola, « plutôt que de rentrer de Revel à Toulouse, elle passe à Castres parce qu’elle a oublié un truc, et elle se tue ensuite entre Castres et Toulouse. Parce que je suis allé vivre à Castres. Du coup je me suis cassé, je suis reparti vivre à Toulouse. »

Le décès d’Ingrid frappe alors vivement Ugo Mola, ainsi que le Castres Olympique. Lors du match de Top 14 suivant à domicile, fin mars, le stade Pierre-Antoine est empreint d’émotion. « Tout a commencé par une minute de silence, qui pesa une éternité, et tout s’est achevé sur un arc-en-ciel aussi bref qu’émouvant au-dessus de la tête des hommes qui se débattent dans leur dérisoire obstination » écrivait alors La Dépêche du Midi. « Vendredi soir, sur la route, entre Cadix et Puylaurens, Ingrid Mola, sœur d’Ugo, a perdu la vie et ses 26 ans. Comme une absurdité de plus. Hier, à Pierre-Antoine les joueurs castrais avaient le cœur au ciel et de longs nuages gris dans la tête. »

« Je me dis que la vie, je l’ai brûlée un peu par les deux bouts »

« Quand on fait la route tous les jours on prend conscience de la dangerosité de ce trajet » livrait le manager à La Dépêche du Midi en 2007, à propos de l’autoroute entre Toulouse et Castres. « Ma famille et moi, on a payé le prix fort et la sécurité me semble un argument irréfutable pour réaliser une meilleure liaison entre Castres et Toulouse. »

Le CO dominera Pau 31-18 et rien ne sera plus jamais comme avant pour Ugo Mola. « Quand ma sœur se tue sur la route, je n’ai pas encore 28 ans » confie-t-il encore à Tampon. « Et je me dis que la vie, je l’ai brûlée un peu par les deux bouts, un peu exagéré, que j’ai fait un peu le tour… […] Donc je change de vie, j’ai besoin de me poser, de faire les choses un peu plus correctement. »

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C’est alors qu’Ugo Mola a l’occasion de signer au Stade Français. Il choisit pourtant de rester à Castres. « Quand ma sœur se tue, j’ai un coup de téléphone de Pierre Fabre qui me dit : ‘Si tu as besoin de quoi que ce soit, on est là.’ Comme je tombe sur des gens profondément réglos, il me semble que la moindre des choses, c’est de l’être tout autant. »

Ugo Mola achèvera sa carrière de joueur en 2005, 4 ans après le décès d’Ingrid. Un club dont il sera ensuite l’un des entraîneurs (2006-2007) après un passage par Mazamet (2005-2006), avant d’épouser une grande carrière de manager à Brive, Albi puis au Stade Toulousain. En pensant toujours à son étoile.