Récemment, des nutritionnistes chinois ont mené une étude dont la conclusion pourrait bousculer les connaissances relatives au l’influence de l’alimentation sur la longévité humaine. Les chercheurs ont établi un lien entre la longévité et les régimes équilibrés incluant la viande, en particulier chez les personnes en insuffisance pondérale. Que faut-il penser de ces travaux ?

Des « centenaires carnivores »

En général, les nutritionnistes font passer le message suivant : une alimentation équilibrée est essentielle à la santé, puisque reposant sur la diversité et la modération. Au menu, des protéines, des produits laitiers mais également, des fruits, des légumes et des féculents faisant l’objet d’une bonne répartition tout au long de la semaine. Evidemment, une alimentation considérée comme saine aura par définition tendance à limiter les aliments ultra transformés, les sucres mais aussi, le sel et les graisses saturées.

En décembre 2025, une équipe du Département de nutrition et d’hygiène alimentaire de l’Université Fudan à Shanghai (Chine) a publié une étude dans l’American Journal of Clinical Nutrition. Pour ces chercheurs, la viande permettrait dans certains cas précis d’atteindre l’âge de 100 ans. Comme l’indiquent les auteurs, la viande contient des acides aminés affectant la molécule de signalisation que l’on nomme mTOR, celle-ci jouant un rôle dans le vieillissement. Or, plusieurs études antérieures ont déjà conclu que la réduction des quantités de viande pouvait favoriser la longévité et ainsi, limiter les risques de maladies cardiaques. Les résultats de l’étude chinoise sont donc très étonnants, bien qu’il ne soit absolument pas question de régimes exclusivement à base de viande.

« Nous avons constaté que les personnes suivant un régime végétarien avaient moins de chances de devenir centenaires que les omnivores, ce qui souligne l’importance d’un régime alimentaire équilibré et de haute qualité, composé d’aliments d’origine animale et végétale, pour une longévité exceptionnelle, en particulier chez les personnes très âgées en sous-poids. », peut-on lire dans l’étude.

boucher Chine viandeCrédit : Andrea Buffagni / iStock

Ne pas exclure la viande de l’alimentation des personnes âgées

Les nutritionnistes ont passé en revue les données médicales d’environ 5 000 citoyens chinois, âgés de plus de 80 ans en 1998 et non concernés par des maladies cardiovasculaires, diabète et autres cancers. Parmi ces personnes, environ 80% ont déclaré manger quasi exclusivement de la viande, les autres plutôt portés sur des régimes à base de céréales et de légumes, ou de poisson. Les auteurs de l’étude disent avoir découvert que les « carnivores » ont plus de chances d’atteindre l’âge de 100 ans que les autres.

Toutefois, cette longévité concernerait surtout les mangeurs de viande en insuffisance pondérale (sous-poids), puisque 30% de ces derniers sont aujourd’hui centenaires. De plus, ce ratio est encore plus haut en cas de consommation quotidienne de viande. A titre de comparaison, 24% des végétariens en sous-poids sont devenus centenaires. Par ailleurs, cette surprenante longévité ne semble pas réellement exister chez les personnes en surpoids ou de corpulence normale.

Evidemment, toute alimentation très riche en protéine s’associe toujours à certains maux comme l’obésité et ses conséquences mais dans la mesure où la viande est capable de renforcer les muscles et les os, cette dernière peut être un véritable atout pour les personnes en insuffisance pondérale. Les chercheurs de l’étude rappellent que les personnes très âgées peuvent être confrontées à des défis nutritionnels particuliers, si bien que l’évitement strict des aliments d’origine animale n’est pas forcément la meilleure solution, au contraire.