Ligue 1 (20e journée). OGC Nice – Stade Brestois : 2-2

D’abord la jambe gauche, toujours. C’est connu, il y a quelques superstitieux dans le monde du football. Il y en a visiblement à Brest. Le trajet de la promenade d’avant-match, dimanche matin, a été modifié – le parcours précédent, qui se terminait aux abords du stade, ne portait pas chance aux Finistériens. C’est le moins que l’on puisse dire : le statisticien Opta relève que Brest n’a jamais gagné au XXIe siècle à Nice. Selon le site spécialisé deux-zero.com, le dernier succès brestois remonte même au mois d’octobre 1989, à l’époque du Brest Armorique.

Brest rejoint en dix minutes

Deux zéro : c’était aussi le score à la mi-temps, dimanche. Pour les Brestois. Ils se disaient peut-être alors qu’ils avaient bien fait de visiter un autre quartier le matin. Les Finistériens ont bénéficié d’un petit « coup de chance », selon les mots d’Eric Roy : un penalty généreux, transformé par Romain Del Castillo (15′, 0-1). Puis ils ont pris le large avec une belle action collective conclue par un centre de Rémy Labeau-Lascary subtilement dévié par Ludovic Ajorque pour Kamory Doumbia (23′, 0-2).

Ce Brest clinique, qui n’avait touché que sept ballons dans la surface niçoise en première mi-temps, semblait alors parti pour s’offrir une seconde promenade. Cette fois sur la pelouse de l’Allianz Riviera. Mais tout a basculé. Sur un coup franc de Jonathan Clauss, Ali Abdi a surgi pour couper la trajectoire. Petit filet (62′, 1-2). Le match avait tourné. La chance aussi. Les Niçois ont eu quelques contres favorables et Elie Wahi a déboulé dans la surface pour tromper Coudert de près (71′, 2-2).

« On les a un peu laissé jouer »

Faut-il voir dans ce retournement de situation la preuve que Nice est, dans son stade, un « chat noir » pour le Stade Brestois ? Ou, que cette longue série commence à peser sur les esprits ? « Ça ne s’est pas trop vu jusqu’à la 62e, a rappelé Eric Roy. On faisait un bon match, il n’y avait pas d’appréhension. » L’entraîneur brestois avait évoqué la « déculottée »’ (sic) de la saison dernière (6-0) dans sa causerie d’avant-match. « On savait que ça s’était mal passé l’an dernier mais je n’étais pas du tout au courant (pour cette série), a assuré Joris Chotard. Je ne pense pas que ça ait joué dans les têtes. »

Le milieu de terrain a une explication plus pragmatique : « On a gagné la plupart des duels en première mi-temps, mais on a eu du mal à réitérer ces efforts ensuite. On était parfois un peu loin d’eux, on les a un peu laissé jouer. Et on aurait dû réussir à marquer ce troisième but. » Cette irrégularité agace Eric Roy : « Depuis le début de saison, on a des hauts et des bas, même à l’intérieur du match. On récupère le ballon mais on le reperd tout de suite. Et on a pas mal de situations qu’on a mal gérées. »

Grégoire Coudert aurait, lui, aimé que ses coéquipiers fassent preuve de plus de vice : « On aurait dû fermer le jeu, comme Toulouse l’a fait chez nous. Quand tu mènes 2-0 à l’extérieur, le match doit être injouable, il ne doit rien se passer. » Or il s’est passé beaucoup de choses après la 23e minute de ce match. « Je pense que pour les téléspectateurs, c’était un match plaisant à vivre. C’était ouvert, ça allait d’un but à l’autre », a noté Eric Roy. C’était sans doute l’ancien consultant télé qui parlait. Car ce match nul, après deux défaites, a surtout laissé des « regrets » à l’entraîneur brestois.