L’indiscipline. Il est difficile de remporter une partie en concédant 16 pénalités. Encore plus quand elle se joue face au Stade Toulousain. Les Bayonnais ont beaucoup défendu, ce samedi à Ernest-Wallon (31-10), et forcément perdu en lucidité avec les efforts. Au total, ils ont récolté trois cartons jaunes. C’est durant l’absence de Sireli Maqala, Guillaume Martocq et Facundo Bosch que les champions de France ont inscrit leurs quatre essais. « C’est compliqué de rivaliser dans ces conditions, admet l’ouvreur et capitaine du soir Joris Segonds. C’est dommage parce que jusqu’aux deux cartons qu’on prend en fin de première mi-temps, on est dans le match. Ils nous ont fait mal. Malgré cela, à 13 contre 15, on s’est bien débrouillés. Mais quand on défend à 13, à la fin, on finit par pécher physiquement. La discipline nous a un petit peu mis dedans…
L’indiscipline. Il est difficile de remporter une partie en concédant 16 pénalités. Encore plus quand elle se joue face au Stade Toulousain. Les Bayonnais ont beaucoup défendu, ce samedi à Ernest-Wallon (31-10), et forcément perdu en lucidité avec les efforts. Au total, ils ont récolté trois cartons jaunes. C’est durant l’absence de Sireli Maqala, Guillaume Martocq et Facundo Bosch que les champions de France ont inscrit leurs quatre essais. « C’est compliqué de rivaliser dans ces conditions, admet l’ouvreur et capitaine du soir Joris Segonds. C’est dommage parce que jusqu’aux deux cartons qu’on prend en fin de première mi-temps, on est dans le match. Ils nous ont fait mal. Malgré cela, à 13 contre 15, on s’est bien débrouillés. Mais quand on défend à 13, à la fin, on finit par pécher physiquement. La discipline nous a un petit peu mis dedans. »
Sur le podium des équipes les plus sanctionnées. Et sur la première marche au nombre de cartons jaunes récoltés
Ce n’est pas une nouveauté. Les Bayonnais sont trop pénalisés cette saison. Avec 181 coups de sifflet contre eux, ils sont sur le podium des équipes les plus sanctionnées, juste derrière le Racing (183) et Perpignan (185). Et ils grimpent carrément sur la première marche des cartons jaunes récoltés, à égalité avec l’Usap. Les deux équipes en ont reçu 19 en 16 journées. Beaucoup trop.
La touche. Le problème est identifié depuis plusieurs mois. Défaillance du lanceur, dans les annonces, des sauteurs ou des mauls à la retombée : l’explication n’est pas encore couchée sur le papier mais toujours est-il que l’alignement bayonnais n’est pas un point fort cette saison. Il a perdu 50 touches depuis le mois de septembre. Seuls Montauban (51), Bordeaux (55) et Perpignan (60) ont fait pire. « Le souci, c’est qu’on loupe les touches importantes, regrette le manager Grégory Patat. Celles qui sont dans les zones de marque. La touche nous porte trop préjudice. »
Le retour imminent de Baptiste Chouzenoux, meilleur contreur du dernier championnat, sera un atout pour le duo d’entraîneurs spécialisé dans ce secteur, Stéphane Barberena et Jean Monribot. À Toulouse, il manquait plusieurs joueurs aériens, du capitaine Arthur Iturria au longiligne Esteban Capilla.

Luke Tagi et les Bayonnais n’ont plus la possession depuis plusieurs matches.
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La possession. Pour gagner, il faut avoir le ballon. Du moins un minimum. Les Basques ne l’ont eu que 36 % du temps en Haute-Garonne. C’est trop peu. Et c’est surtout une constante depuis quelques matches. Elle a le don d’agacer Grégory Patat, qui doit trouver une solution pour remédier à la situation. Face à Castres (10-13) en Top 14 et au Leinster (13-22) en Coupe d’Europe, la situation était la même.
« Je trouve qu’on est une équipe à réaction, grince le manager gersois. Il ne faut pas attendre d’avoir peur pour imposer, pour avancer. » C’était le cas en fin de match contre Toulouse. Idem à Jean-Dauger la semaine précédente. « C’est dur d’être privés de munitions mais je crois à la valeur de ce groupe. Il faut qu’on arrive à être ambitieux, à aller provoquer, à aller chercher les choses. On attend toujours de prendre un essai ou une claque avant de réagir. Il nous manque du monde, mais ce n’est pas une excuse. »

L’ailier Arnaud Erbinartegaray a récemment quitté l’infirmerie. D’autres joueurs devraient suivre durant la quinzaine.
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2 Les motifs d’espoir
Le retour des blessés. Justement, il devrait manquer beaucoup moins de monde au retour des vacances pour la réception du Racing, le 14 février prochain. Sur les 18 blessés bayonnais du moment, la moitié est espérée sur le pré dans quinze jours. Ainsi Manu Tuilagi, Tevita Tatafu, Arthur Iturria, Baptiste Chouzenoux, Alexandre Fischer, Cheikh Tiberghien, Herschel Jantjies, Mateo Carreras et Julien Tilloles devraient quitter l’infirmerie. Hormis le dernier cité, tous sont des titulaires en puissance. S’il restera un peu de casse (Capilla, Setiano, Bordelai, Castillon, Anscombe, Lévêque, Habel-Küffner, Machenaud et Hodge), ces retours pourraient changer la physionomie des parties, et surtout le management du groupe. À condition de ne pas continuer à perdre du monde.
Sur les 18 blessés bayonnais du moment, la moitié est espérée sur le pré dans quinze jours
Ce qui est sûr, c’est qu’ils charrieront avec eux un vent de fraîcheur. « Quand des joueurs reviennent dans l’équipe, c’est toujours de l’énergie positive, juge Joris Segonds. On a eu pas mal de blessés et j’espère que ça va s’arrêter. Il y a des secteurs qu’on ne maîtrise pas, les blessures en font partie. Des mecs n’ont pas joué depuis pas mal de temps. Ils vont amener de la fraîcheur et aussi un petit peu de joie. Parce que mine de rien, voir les mecs tout le temps chez le kiné, même pour ceux qui jouent, ce n’est pas évident. On va se reposer pendant les deux semaines de vacances. Ça va faire du bien aux têtes. C’est bien de couper parce qu’on a enchaîné 13 matches avec la Coupe d’Europe. Et je reste persuadé que tout le monde aura le Racing dans sa tête. »

À l’image de Yohan Orabé sur Blair Kinghorn, les Bayonnais ont fourni beaucoup d’efforts en défense.
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L’état d’esprit. Les bleu et blanc ont perdu à Toulouse et pour la première fois depuis la victoire à Perpignan en ouverture du championnat (19-26), ils n’ont pas pris plus de 40 points. Le tarif moyen était de 49. À Toulouse, ils se sont contentés d’en encaisser 31. C’est trop, mais dans le contexte actuel, c’est un petit signe. Celui d’une équipe qui n’a rien lâché en défense, dépassant parfois les limites de l’indiscipline. « Je préfère ça que l’inverse », balaie Joris Segonds.
Lui et ses copains ne voulaient pas « passer pour des cons ». À Montpellier début janvier, ils en avaient pris 62. « L’état d’esprit a été bon ce samedi. Il va falloir le garder pour dans deux semaines, trois semaines, et ainsi de suite. Ce match doit nous servir. On doit continuer comme ça, sans oublier qu’on en a tout de même pris 30. Il y a des choses à corriger aussi. Mais en défense, personne n’a triché. J’avais dit dans le vestiaire que c’était ce que je voulais. Il fallait montrer un autre visage, qu’on se réveille le lendemain et qu’on puisse se regarder dans un miroir en se disant qu’on n’a pas triché. C’est ce que je retiens face à Toulouse. » Son manager partage l’analyse : « J’ai vu des choses dans les intensités et dans cette volonté de challenger le Stade Toulousain que je n’avais pas vues depuis quelques semaines. »
Le calendrier. Cinq réceptions, cinq déplacements. Le calendrier de fin de saison est équilibré sur le papier pour les Bayonnais. Néanmoins, en y regardant de plus près, il semble plutôt favorable. Plusieurs « gros » viendront au Pays basque, et si la défaite contre Castres a marqué la fin d’une série de 19 mois consécutifs de succès à la maison, elle ne remet pas en cause une forme de savoir-faire : 42 victoires sur 45 matches à Jean-Dauger en Top 14 depuis 2022 et le début de l’ère Grégory Patat. Ses joueurs accueilleront le Racing au prochain match (14 février à 16 h 35), puis La Rochelle à Anoeta (28 mars à 21 heures), Pau (18 avril), Bordeaux-Bègles (9 mai) et Perpignan (6 juin) pour clore la saison.
Si leurs lacunes en déplacement sont un problème avec sept lourds revers à zéro point depuis la victoire de la première journée à Perpignan (19-26), ils ont la possibilité de faire mieux lors des cinq derniers rendez-vous, eu égard au pedigree des adversaires. Ils se rendront à Clermont (28 février), Montauban (21 mars), Toulon (25 avril), Lyon (16 mai) et Paris (23 mai) pour affronter le Stade Français. Un succès sur la pelouse du promu et lanterne rouge est un passage obligé. D’autres coups doivent être envisagés, a minima des primes défensives. Mais Joris Segonds et ses copains refusent de trop se projeter. « Le top 6, on n’en parle pas », jure l’ouvreur. Grégory Patat confirme. « Le prochain match, c’est le Racing. On va juste se consacrer à cette partie. »