L’économie russe, très résiliente depuis le début de la guerre en Ukraine, commence désormais à montrer des signes d’essoufflement.

Publié le 02/02/2026 07:18

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Sur cette photo de groupe diffusée par l'agence d'État russe Spoutnik, Vladimir Poutine assiste aux exercices militaires conjoints russo-biélorusses "Zapad-2025", sur un terrain d'entraînement de l'oblast de Nijni Novgorod, le 16 septembre 2025. (MIKHAIL METZEL / POOL)

Sur cette photo de groupe diffusée par l’agence d’État russe Spoutnik, Vladimir Poutine assiste aux exercices militaires conjoints russo-biélorusses « Zapad-2025 », sur un terrain d’entraînement de l’oblast de Nijni Novgorod, le 16 septembre 2025. (MIKHAIL METZEL / POOL)

C’est le média économique de référence, Bloomberg, qui l’a révélé : Moscou doit amorcer un coup de frein sur ses investissements militaires. Certes, le budget consacré à l’armée russe reste colossal mais après trois ans d’effort de guerre, un ralentissement se profile.

D’après un rapport du ministère russe de l’économie, les commandes stratégiques qui avaient bondi d’environ 30% par an pour les munitions ou les équipements pourraient n’augmenter que de 4 à 5% cette année. Quant aux dépenses militaires, elles pourraient diminuer pour la première fois depuis le début de la guerre. Ça se ressent très concrètement sur la paie des soldats ou sur les primes de recrutement.

Si ces chiffres sont toujours à prendre avec précaution, vu l’opacité instaurée par le Kremlin, des signaux existent bien. Car, si l’économie russe a montré sa capacité de résistance depuis bientôt quatre ans, l’étau s’est clairement resserré l’an dernier, sous l’effet des sanctions américaines et européennes qui pèsent fortement sur les entrées d’argent, et notamment sur les revenus liés aux hydrocarbures.

Les ventes de gaz et de pétrole rapportent beaucoup moins qu’avant alors qu’elles constituent le cœur de la machine de guerre russe. De 40% du budget fédéral en 2022, ces ventes d’hydrocarbures sont tombées à 30% en 2024 et cela devrait descendre à 22% pour cette année.

Les recettes sont en baisse car la clientèle est rare et ne fait pas de cadeaux sur les prix : la Russie doit écouler son brut sous le niveau du marché qui est déjà au plus bas. Ces contraintes sont renforcées par les attaques ukrainiennes sur les raffineries du pays et par la surveillance accrue de sa flotte fantôme.

Tout cela pèse sur l’économie car la guerre coûte très cher. Avec moins d’argent frais dans les caisses, il faut donc trouver d’autres ressources. Moscou doit ainsi faire peser l’effort sur sa population et sur ses entreprises.

En début d’année, la TVA qui était à 20% a grimpé à 22%. Le Kremlin cherche aussi à vendre des biens comme l’aéroport Domodedovo de Moscou, mis aux enchères à un prix exorbitant. L’économie russe est par ailleurs pénalisée par un manque de main-d’œuvre, lié à la guerre.

Est-ce que ces difficultés réelles suffiront à pousser Vladimir Poutine à la négociation ? Cela reste très incertain et Moscou continue d’ailleurs de frapper aveuglément. Ce 1er février, une maternité a été visée à Zaporijia et le bombardement d’un bus dans la région de Dnipro a fait 15 morts.