Poursuivi pour détention non autorisée de matériel de guerre, arme et munition, de catégories A et B, Zaccaria 28 ans, était jugé par le tribunal judiciaire de Montpellier, le 14 janvier dernier.

Zaccaria, 28 ans, aurait peut-être préféré répondre à la convocation des gendarmes de Lunel pour des faits de conduite sous l’emprise de stupéfiants. Ne s’étant pas présenté, ce sont les forces de l’ordre qui se sont rendues chez sa mère, le 8 décembre 2025, peu avant 10 h, pour lui remettre la convocation.

En ouvrant la porte, la mère de Zaccaria dissimule rapidement une grande valise derrière un placard. Mais les gendarmes ont déjà aperçu le bout du canon d’une arme. À l’intérieur, ils découvrent un arsenal impressionnant : un fusil-mitrailleur de 9 mm, un fusil de 42 rifles et un pistolet, accompagnés de plus de soixante munitions.

Les armes sont saisies, les munitions détruites, et Zaccaria est placé en garde à vue, déféré devant le parquet, puis placé en détention provisoire le 10 décembre. Ayant demandé un délai pour sa défense, il comparaissait devant le tribunal judiciaire de Montpellier le 14 janvier dernier.

« Je me suis cru dans un film »

À l’audience, Zaccaria n’a de cesse de trépigner dans son box, frappant le rebord de ses poings et donnant des coups de pied. « Comment êtes-vous entré en possession de ces armes ? », lui demande la présidente du tribunal, Stéphanie Fernandez. « Je suis sorti de chez moi pour aller balader mon chien dans la forêt. C’est lui qui les a trouvés en grattant le sol. Elles étaient dans un sac. Je me suis cru dans un film », répond-il surexcité. Il les aurait ensuite cachées chez lui sans savoir quoi en faire.

Les apporter à la gendarmerie de Lunel aurait été la bonne option. Il n’en a rien fait, craignant qu’avec son casier judiciaire, ses explications ne soient mises en doute. Filant la métaphore cinématographique, la présidente souligne que « c’est un scénario peu crédible ». Le prévenu poursuit sur sa lancée : « Je n’allais pas les vendre à quelqu’un qui aurait pu s’en servir contre une autre personne. Cela me serait encore retombé dessus. Je ne suis pas un criminel ».

Imbroglio autour de la procédure

Pour sa défense, Me Caron conteste la procédure, estimant que le cas de flagrant délit et la perquisition ne respectaient pas les règles, puisque la convocation initiale concernait un dossier de conduite sous stupéfiants. La procureure, Karine Esteban, rejette cette demande de nullité. L’audience se poursuit.

Avec huit mentions à son casier judiciaire, dont six condamnations prononcées pour vols et violences lorsqu’il était mineur, Zaccaria n’est pas inconnu des services judiciaires. Mais depuis sa libération, en 2020, après deux ans de prison ferme, il n’avait pas été repris.

« Des armes de guerre circulent de plus en plus »

Pour la procureure, les faits sont graves, car « des armes de guerre circulent de plus en plus et les tirs se multiplient. C’est un véritable fléau ». Avant de relever plusieurs incohérences notamment sur ces armes trouvées par hasard, version dont elle doute, et sur ce qu’il voulait en faire. « Peu importe, au final, leur détention est interdite. » Elle requiert 18 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire de deux ans, assortis d’obligations de soins et de travail, ainsi qu’une interdiction de port d’armes pour dix ans.

La défense a plaidé pour une peine aménagée sous bracelet électronique, en mettant en avant que son client n’avait pas fait parler de lui depuis sa dernière condamnation. Pour éviter tout vice de procédure, et en raison de pièces manquantes dans le dossier, le tribunal a joué la prudence en le renvoyant au 11 mars. En attendant, le prévenu est maintenu en détention.