Montpellier va retrouver son ancien buteur, Elye Wahi, à Nice mercredi 4 février (20 h 30), lors des 8es de finale de la Coupe de France. L’attaquant y vit depuis un mois une opération rebond qu’il a lancée sans traîner.
Une fixation, un crochet puis une frappe lourde : huit minutes après son entrée en jeu, 24 heures après avoir célébré ses 23 ans, Elye Wahi a marqué ses retrouvailles avec la Ligue 1, le 3 janvier dernier lors du nul contre Strasbourg (1-1). Un retour fracassant sur les pelouses françaises comme un premier rebond pour un garçon qui sort de plusieurs expériences difficiles. À Nice, « plus revanchard que jamais », disait-il lors de sa présentation, l’ex- “golden boy” de La Mosson a ouvert un nouveau chapitre. Celui d’une carrière qui a pris les chemins de traverse depuis son départ en 2023 de Montpellier, affronté ce mercredi lors des 8es de finale de la Coupe de France.
« Il y a longtemps qu’un but n’avait pas fait se lever les supporters du Gym. En un mois, Wahi a changé la vie du Gym. Lui et Claude Puel, c’est déjà un combo gagnant », sourit un journaliste suiveur des Aiglons, où l’investissement de l’ancien Pailladin est relevé. Le nouveau but, le 3e en cinq rencontres, inscrit dimanche contre Brest (2-2), n’a fait qu’appuyer le constat.
Expériences difficiles et remise en question à Francfort
Lorsqu’il avait quitté l’Hérault, au sortir d’une saison explosive à 19 buts, Wahi affolait l’Europe. Un an à Lens, six mois à l’OM (14 matches, 3 buts), une autre année à l’Eintracht Francfort (14 m., 1 b.) qui avait déboursé 26 M€ : depuis, la route a pris des virages et, parfois, approché le gamin de Courcouronnes du vide.
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En Allemagne, marqué par son échec marseillais, l’attaquant s’est remis en question dès janvier 2025 et avait pensé tout mettre de son côté. Longtemps assimilé à ces joueurs pétris de talent mais peu travailleurs, pas toujours à tort, Wahi avait acté une transformation Outre-Rhin. À son hygiène de vie, entretenue par un chef personnel ou un préparateur individuel, il avait ajouté une décision forte : réduire son premier cercle.
« Il n’y a plus de vautours autour de moi », confiait-il, fin septembre 2025, au magazine de L’Équipe dans un portrait voulu pour fendre l’armure.
La suite n’a pas été à la hauteur des attentes. Délaissé par son entraîneur, le francophone Dino Toppmöller, finalement limogé en janvier, Wahi a pris la décision de quitter les Aigles au début de l’hiver, malgré la volonté du directeur sportif de le conserver, explique-t-on dans son entourage. Le Séville FC, où l’entraîneur Matias Almeyda avait initié des contacts, et Lyon, en cas d’échec de la piste Endrick, ont pris la température.
L’appel de Franck Haise a tout changé chez un élément en besoin de proximité, de franchise. Le technicien les lui avait données lors de leur saison en commun à Lens. Alors Wahi n’a immédiatement vu que la promenade des Anglais pour se refaire une santé, malgré la crise profonde traversée par le club niçois.
Haise remercié, Puel a trouvé les mots
L’éviction de Haise, le 28 décembre, aurait pu tout bouleverser. Les mots d’un Claude Puel à peine nommé à la tête du Gym, ont scellé le rapprochement. Jusqu’à la signature dès le premier jour du mercato hivernal d’un prêt de six mois sans option d’achat, en dépit des ultimes réticences d’une minorité de dirigeants inquiets de l’étiquette de dilettantisme du garçon.
Un mois plus tard, il est parti pour la retirer. Installé sur les hauteurs de la ville, Wahi a commencé à prendre des cours d’anglais. Pour lui-même et pour un futur qui pourrait également s’écrire en sélection ivoirienne, où le renvoient les racines de ses parents et son idole de jeunesse, Didier Drogba. Son nom circule à chaque rassemblement des Éléphants, entraînés par Emerse Faé, ex-joueur de… Nice.
En attendant de s’inventer peut-être un inattendu destin au Mondial 2026, Wahi a convaincu les sceptiques sur le terrain. Par ses buts mais pas seulement. « Il y a une image simple : son appel pour tout ouvrir à Cho sur le premier but à Nantes (1-4, le 25 janvier). Nice n’avait plus cette qualité-là. Même sans ballon, Wahi a débloqué le jeu offensif de l’équipe », affirme le suiveur des Aiglons, où Kevin Carlos, recruté à Bâle l’été dernier, n’a jamais réussi à s’imposer.
L’ex-buteur du MHSC affiche, lui, son amitié avec Mohamed-Ali Cho « qui est revenu à son niveau, ce qui n’est pas un hasard ». « En fait, conclut ce spécialiste du club azuréen, depuis l’arrivée de Wahi, c’est une succession de positif. »