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À Kiev, les frappes russes sur les infrastructures énergétiques privent les Ukrainiens de chauffage, d’eau et d’électricité, alors que les températures descendent jusqu’à – 15 °C.

Déjà particulièrement éprouvés par près de quatre années de guerre, les Ukrainiens affrontent l’un des hivers les plus rudes de leur histoire, aggravé par les bombardements russes qui privent des millions de personnes d’électricité, de chauffage et d’eau courante. Avec des températures qui descendent fréquemment en dessous de – 15 °C dans des villes comme Kiev, la privation énergétique est devenue un élément central du conflit.

Dans la capitale, la moitié des logements sont privés de chauffage. « Là, dans mon appartement il ne fait que – 5 °C », témoigne une habitante de Kiev pour 20 minutes. Une situation d’urgence qui a contraint, pour la première fois depuis le début de l’invasion russe, le maire de Kiev à appeler les habitants à quitter la ville. Une consigne déjà suivie par 600 000 personnes, soit un habitant de la capitale sur six.

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Des tentes pour se réchauffer

Face à ces conditions extrêmes, les autorités ukrainiennes, avec le soutien des organisations humanitaires, ont mis en place des « Points d’invincibilité ». Ces centres d’accueil chauffés permettent aux habitants de trouver de l’eau, de l’électricité et des repas chauds dans des bâtiments encore partiellement utilisables ou dans de grandes tentes.

D’autres misent sur la chaleur de rames de train mises à disposition de la population, relate France 24. Une centaine d’habitants y trouvent chaque jour « thé, café, biscuits et eau gratuits », ainsi que du wifi et des prises électriques, explique une employée. D’autres tentent de calfeutrer les fenêtres avec des vêtements et des matériaux isolants pour affronter les températures négatives même dans les logements.

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Plus de mille personnes hospitalisées à cause du froid

Des solutions de fortune qui sont loin d’être suffisantes. Selon le Kyiv Independent, le jeudi 22 janvier, le ministre de l’Énergie ukrainien a affirmé que le pays venait de vivre « la journée la plus difficile pour le système énergétique » depuis novembre 2022. L’UNICEF alerte notamment sur les conséquences pour les enfants et les familles, confrontés à une double épreuve, physique et psychologique.

Ces attaques répétées contre les infrastructures énergétiques en plein hiver cherchent à détruire le moral des Ukrainiens. Une stratégie vivement dénoncée par l’Allemagne, qui a qualifié ces attaques de « crimes de guerre ». Depuis le 20 décembre, plus de 1 000 Ukrainiens ont dû être hospitalisés pour des gelures ou des hypothermies, selon le ministère de la Santé.