Cette tribune, à l’initiative du commissaire européen Stéphane Séjourné, a notamment été signée par les dirigeants d’Air France, Bouygues, EDF, Engie, Michelin, Sanofi ou encore Paprec.

Publié le 01/02/2026 22:37

Mis à jour le 02/02/2026 08:02

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Le symbole de l'euro à l'extérieur de la Banque centrale européenne à Francfort-sur-Main, Allemagne. (RICHARD SHARROCKS / MOMENT RF)

Le symbole de l’euro à l’extérieur de la Banque centrale européenne à Francfort-sur-Main, Allemagne. (RICHARD SHARROCKS / MOMENT RF)

Plus d’un millier de grands patrons européens appellent dimanche 1er février à encourager la « préférence européenne » au sein de l’Union européenne, dans une tribune, initiée par Stéphane Séjourné, le vice-président exécutif de la Commission Européenne chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle. Dans ce texte, publié dans la presse européenne, dont les Échos en France, que Radio France a pu consulter, ces chefs d’entreprise plaident pour un « Made in Europe » en réponse à l’offensive économique américaine. Michelin, Sanofi, Veolia ou encore EDF font partie des signataires français.

Face à un monde « que nous pensions révolu », fait de « droits de douane, de subventions massives, de restrictions à l’exportation, de violations de la propriété intellectuelle », l’UE n’a « plus le choix » et doit être offensive, « alors que les règles du commerce sont en train d’être redéfinies ». « La concurrence internationale n’a jamais été aussi déloyale », écrit Stéphane Séjourné qui milite pour une « politique industrielle ambitieuse, efficace et pragmatique ».

« Il est temps pour l’Europe de produire plus, et surtout, plus stratégiquement », scande la tribune, notamment en poursuivant les efforts de simplification administrative, d’abaissement des coûts de l’énergie, et de sécurisation des approvisionnements en matières premières. « Nous devons établir, une fois pour toutes, une véritable préférence européenne dans nos secteurs les plus stratégiques », insiste le commissaire européen.

« Elle repose sur un principe très simple : chaque fois que l’argent public européen est utilisé, celui-ci doit contribuer à la production et aux emplois européens »

Tribune de Stéphane Séjourné

« Fidèles à notre ADN, nous veillerons à maintenir l’équilibre nécessaire entre la préservation de notre ouverture internationale, et la promotion de nos intérêts stratégiques », peut-on lire. « C’est cette logique que nous défendrons dans chaque initiative, à commencer par la loi sur l’accélérateur industriel, que la Commission présentera prochainement. Cette loi n’est pas simplement un texte de plus, c’est un acte d’indépendance économique », insiste la tribune. En février, la Commission européenne présentera « l’Industrial Accelerator Act », censé renforcer la souveraineté industrielle européenne, en simplifiant, par exemple, certaines procédures. De Michelin à Sanofi, en passant par les chantiers navals italiens Fincantieri ou encore le chimiste belge Solvay, les signataires de la tribune le martèlent : ils en appellent « à une préférence claire et assumée pour tous ceux qui choisissent l’Europe ».