L’heure est aux rapprochements dans le spatial européen. Alors qu’ Airbus, Leonardo et Thales veulent unir leurs activités spatiales pour créer un nouveau champion européen et que le fabricant toulousain d’antennes Anywaves a annoncé cette semaine sa fusion avec la PME luxembourgeoise EmTroniX, dans le même temps la société basque Satlantis vient de nouer une alliance stratégique avec la PME toulousaine Comat.

Fondée en 2014, Satlantis développe des caméras d’observation de la Terre. Son site historique de Bilbao en Espagne est spécialisé dans les capteurs pour le visible et le proche infrarouge, tandis que la société travaille au Royaume-Uni sur le thermique et mène une activité d’intelligence artificielle aux Etats-Unis. En France, depuis Bidart (Pyrénées-Atlantiques), Satlantis se concentre sur la polarimétrie, autrement dit la mesure de la polarisation de la lumière.

« Exploiter cette caractéristique additionnelle de la lumière permet par exemple d’identifier les aérosols dans l’atmosphère, ce qui constitue aujourd’hui un angle mort dans l’étude de la qualité de l’eau sur le littoral. La polarimétrie donne aussi des informations sur la texture : un objet rouge n’aura pas la même signature polarimétrique si c’est du plastique ou un toit. Cela peut être utilisé à des fins de décamouflage militaire pour détecter des cibles cachées avec des produits artificiels », décrypte Julien Chouillou, CEO de Satlantis France.

Un produit de haute technologie imaginé dans le Pays basque et qui sera fabriqué à Toulouse dans la nouvelle usine de Comat. Cette dernière fabriquera des équipements sur étagère de Comat pour les petits satellites mais sera également ouverte aux startups et sociétés cherchant à se lancer dans la production en série, à l’image de Satlantis.

 « Nous ne voulons pas simplement sous-traiter notre activité industrielle, mais il s’agit d’une véritable alliance pour progresser sur les procédés ainsi que sur la partie commerciale, étant donné que Comat a une très bonne réputation dans l’écosystème spatial. Venir à Toulouse va aussi renforcer notre capacité à embaucher. L’accès aux talents est plus simple car le marché de l’emploi est plus dynamique que sur la côte basque », fait valoir Julien Chouillou.