Vous faites peut-être partie de celles et ceux qui ne vont plus
aux toilettes sans leur smartphone. Le temps d’une
« pause », le regard se perd sur TikTok, Instagram ou les actualités,
jusqu’à oublier où l’on est assis. Ce réflexe paraît anodin,
presque réconfortant, surtout quand la grosse commission se fait
attendre.

Des chercheurs américains se sont pourtant demandé si ce
face-à-face prolongé avec l’écran, sur la cuvette, n’avait pas un
prix pour notre santé intime. Leur travail, publié le 3 septembre
2025 dans la revue PLOS ONE, pointe un risque clairement
plus élevé d’hémorroïdes chez les adeptes du
scroll aux toilettes. Une association qui change
un peu la vision de ce moment supposé relaxant.

Smartphone aux toilettes : ce que montre l’étude menée à
Boston

L’équipe du Beth Israel Deaconess Medical
Center
, à Boston, a suivi 125 adultes venus pour une coloscopie
de dépistage. Chez eux, 43 % présentaient des hémorroïdes visibles,
et 66 % déclaraient utiliser un smartphone aux toilettes. Les
chercheurs ont recueilli en détail leurs habitudes : temps passé
sur la cuvette, efforts de poussée, alimentation, activité
physique, consommation de fibres.

Après analyses statistiques, ils ont observé que « l’utilisation
d’un smartphone aux toilettes était associée à une augmentation de
46% du risque d’hémorroïdes », a expliqué Trisha Pasricha,
gastroentérologue et coautrice de l’étude, dans des propos
rapportés par New Atlas. Les auteurs parlent d’association, pas de
preuve absolue que le téléphone cause à lui seul la maladie, mais
le signal apparaît net dans leurs données.

Le vrai problème : ces minutes supplémentaires assis sur la
cuvette

Dans le détail, 37,3 % des utilisateurs de smartphone restaient
plus de 5 minutes par passage aux toilettes, contre seulement 7,1 %
des personnes sans téléphone. Plus de la moitié lisaient les
actualités (54,3 %) et près de la moitié consultaient les réseaux
sociaux (44,4 %). Sur une cuvette ouverte, le plancher pelvien
n’est plus soutenu, la pression augmente sur les coussinets
hémorroïdaires, ce qui favorise douleurs, démangeaisons et petits
saignements.

Pour Trisha Pasricha, ce n’est pas tant l’écran en lui-même que
la distraction qu’il crée : « Il est extrêmement facile de perdre la
notion du temps lorsque nous sommes sur notre smartphone, car les
applications populaires sont entièrement conçues à cette fin.
Cependant, il est possible que le fait de rester assis plus
longtemps que prévu aux toilettes parce que vous êtes distraits par
votre smartphone augmente le risque d’hémorroïdes. » Autrement dit,
le téléphone agit comme un piège à minutes.

Limiter le temps aux toilettes et
laisser le téléphone dehors

Les médecins recommandent de ne pas rester plus de cinq minutes
sur la cuvette : on vient, on fait, on se relève. Si rien ne vient,
mieux vaut se lever, marcher un peu, boire de l’eau et réessayer
plus tard, plutôt que de s’installer pour scroller. D’autres
facteurs jouent aussi sur les hémorroïdes, comme une alimentation
très épicée, une mauvaise hygiène, l’assise prolongée sur une
surface froide ou une prédisposition familiale.

Pour réduire le risque, une hygiène de vie simple aide : fibres
au quotidien, bonne hydratation, activité physique régulière pour
limiter la constipation et les efforts de poussée. Reste la
question clé du téléphone. La gastroentérologue se montre très
directe : pour éviter d’augmenter le risque d’hémorroïdes, « il est
plus prudent de laisser votre smartphone à l’extérieur. » Une petite
habitude en moins dans les toilettes, mais un confort
potentiellement préservé sur le long terme.