Par
Ivan CAPECCHI
Publié le
2 févr. 2026 à 15h00
Dans son éditorial politique diffusé ce lundi sur France Inter, le journaliste Patrick Cohen s’est penché sur les prochaines élections municipales, en soulignant leur caractère incertain, allant jusqu’à parler du « scrutin le plus imprévisible depuis au moins un demi-siècle ». À Strasbourg, il a notamment évoqué l’hypothèse d’une sextangulaire, autrement dit le maintien de six listes au second tour. Un scénario rare, mais pas impossible.
Le seuil des 10 %
Pour rappel, une liste peut se maintenir au second tour si elle a obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour.
Or, d’après le dernier sondage en date, celui commandé par le parti Horizons et publié en décembre dernier, six candidats à Strasbourg peuvent prétendre obtenir ces scores : Catherine Trautmann (PS, 29 %), Jean-Philippe Vetter (LR, 16 %), Jeanne Barseghian (Les Écologistes, 16 %), Florian Kobryn (LFI, 12 %), Virginie Joron (RN, 11 %) et Pierre Jakubowicz (Horizons-Renaissance, 10 %).
Dynamique de campagne
Cette configuration reste toutefois à appréhender avec prudence. Interrogé par Actu Strasbourg, le politologue Sébastien Michon rappelle que si le seuil des 10 % rend théoriquement possible un second tour à six listes, les sondages actuels demeurent fragiles.
Surtout, la campagne pourrait rebattre les cartes. « Il y aura une dynamique au cours de la campagne », analyse-t-il, soulignant le poids probable du vote utile, qui pourrait inciter une partie des électeurs à se reporter sur les candidats perçus comme les mieux placés. À ce stade, Catherine Trautmann, Jeanne Barseghian et Jean-Philippe Vetter lui semblent disposer d’une assise suffisante pour franchir les 10 %, quand le maintien des autres listes apparaît plus incertain.
RN et LFI, les deux inconnues du scrutin
Les cas du Rassemblement national et de La France insoumise sont, selon lui, les plus difficiles à évaluer. Si leurs résultats aux scrutins nationaux récents* montrent qu’un score à deux chiffres est envisageable, les municipales obéissent à des logiques différentes, avec un enjeu central : la mobilisation. « LFI mise beaucoup sur les quartiers populaires, qui sont aussi ceux où l’abstention est la plus forte », rappelle-t-il, notant que les ressorts de mobilisation ne sont pas les mêmes qu’en 2024.
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Une sextangulaire à Strasbourg ? « Rien n’est moins sûr »
Enfin, les perspectives d’alliances semblent limitées. Jean-Philippe Vetter (LR) a déjà dit son intention de ne pas faire d’alliance au second tour, quand Catherine Trautmann a affirmé ne pas être dans une « une vision de calculs d’alliance ».
« Sur le papier, une sextangulaire est possible, mais dans les faits, rien n’est moins sûr », résume Sébastien Michon. À ses yeux, un second tour à cinq listes serait déjà exceptionnel, tandis qu’une triangulaire – ou, à la rigueur, une quadrangulaire – demeure aujourd’hui le scénario le plus probable, dans une élection qui pourrait se jouer à de très faibles écarts.
*Élections législatives anticipées et élections européennes en 2024.
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