l’essentiel
Le parcours du pilier droit sud-africain (28 ans) est marqué par une résilience exceptionnelle. Passé à deux millimètres de la mort en janvier 2025, il a subi une opération risquée. Aujourd’hui, il brille sous le maillot de l’Union Bordeaux-Bègles.
Il s’en est fallu de deux millimètres. Deux millimètres entre la vie et la mort, entre la fin d’une carrière et une renaissance inattendue. En janvier 2025, le pilier droit sud-africain Carlu Sadie a vécu l’un des épisodes les plus sombres de sa vie, avant de revenir plus fort sous le maillot de l’Union Bordeaux-Bègles, confie-t-il sur le site RugbyPass.
À lire aussi :
Rugby (Top 14). « Des détails qui font très mal ». Les premières réactions après la défaite de Montauban face à l’UBB (16-31)
Deux mêlées qui font basculer une vie
Tout commence lors d’un match de Top 14 face à Lyon, au stade Chaban-Delmas. Sur une mêlée, le colosse de près de 140 kg ressent une première décharge dans la nuque. Sans douleur. « C’est un truc de pilier, on continue « , pense-t-il. Mais à la mêlée suivante, le signal est bien plus inquiétant. « J’ai senti comme si ma tête n’était plus fixée, comme un bouchon mal vissé. » Cette fois, impossible de relever la tête.
Sadie doit alors rester à Bordeaux pour faire des examens, lui qui devait rentrer en Afrique du Sud rejoindre sa femme et préparer son transfert avec les Bulls. La sentence est brutale et le médecin lui annonce la mauvaise nouvelle. « Ça ne repoussera pas. Tu étais à deux millimètres de la mort », lui annonce le médecin. Puis, plus glaçant encore : « Si tu prends un gros choc, tu es mort. Un coup du lapin, tu es mort. »
À lire aussi :
Top 14 : contre le champion d’Europe, l’Union Bordeaux-Bègles, l’US Montauban a été plombée par sa touche au moment de concrétiser
Le problème vient des cervicales, qui soutiennent la tête. « Le spécialiste a dit que j’étais passé à deux doigts de la mort et m’a dit que je devrais me faire opérer : prélever un morceau d’os de ma hanche, le greffer dans mon cou et y fixer deux vis. Il a ajouté : « Un choc violent, c’est la mort ; un coup du lapin, c’est la mort. » Carlü Sadie pense alors que sa carrière est terminée, à l’image de celle de son compatriote Steven Kitshoff, qui a subi la même blessure.
Alors que toute sa carrière semble finie, Yannick Bru, le manager girondin, décide de ne pas abandonner celui qu’il a fait venir des Sharks de Durban en 2023. Lui et le président Laurent Marti croient en lui, malgré les scans alarmants. « Yannick s’en fichait. Il me disait que j’allais revenir », raconte le pilier. Contre toute attente, l’UBB rachète son contrat et le garde en Gironde.
À lire aussi :
Rugby (Top 14). » On ne peut pas se satisfaire de ça » prévient l’entraîneur de l’US Montauban avant la réception de Bègles Bordeaux
De la table d’opération à la renaissance sous le maillot de l’UBB
Avant commencer l’opération, le chirurgien évoque les risques d’une telle opération : « Il a dit qu’il y avait une chance sur deux que je meure sur la table d’opération. « Quand je poserai les deux vis dans votre cou, si je touche la moelle, c’est fini. Si je touche les artères, vous vous viderez de votre sang sur la table. » Ma femme voit ce médecin pour la première fois et elle pleure. »
L’intervention se déroule finalement sans le moindre problème. Puis, au terme de longs mois de rééducation, Carlü Sadie retrouve les terrains dès le début de la saison 2025-2026. Plus fort encore qu’avant.