Par Mamy Yves
Ratsimbazafy
– Publié le 02 Fév 2026 à 14:00

Christine Kelly a réagi sans
détour au dernier rapport de l’Arcom sur la diversité à la
télévision. Pour la journaliste de CNews, la France
“black-blanc-beur” reste un idéal encore loin d’être atteint.

La diversité à la télévision française progresse-t-elle
réellement ? À en croire le dernier rapport de l’Arcom, la réponse
est loin d’être évidente. Interrogée par Le Parisien ce
mardi 19 juillet, Christine Kelly livre en effet un constat
particulièrement sévère. Ancienne adepte de l’idéal
“black-blanc-beur”, popularisé après la victoire des Bleus en 1998,
il faut dire que
la présentatrice de CNews
estime aujourd’hui que la dynamique
s’essouffle : “Je trouve que les choses évoluent
négativement”.

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et
numérique, née de la fusion du CSA et d’Hadopi en janvier 2022,
dresse un état des lieux peu flatteur. Selon son étude annuelle,
les personnes “vues comme non blanches” ne représentent que 14 %
des intervenants à la télévision française.

Un recul notable, puisque ce chiffre atteignait encore 16 % en
2020. Une baisse qui interroge, plus de vingt ans après l’émergence
d’un discours volontariste sur la diversité à l’écran.

Les
chaînes d’info en continu particulièrement pointées

La situation apparaît encore plus préoccupante sur les chaînes
d’information en continu. D’après le rapport, seulement 10 % du
temps d’antenne y est occupé par des personnes perçues comme “non
blanches”. Un chiffre jugé “criants” par les observateurs et
vivement critiqué par Christine Kelly. Pour la journaliste, ce
déséquilibre témoigne d’un décalage persistant entre la télévision
et la réalité démographique française.

“Un miroir déformant de la
société”

Christine Kelly n’est pas seule à tirer la sonnette d’alarme.
Carole Bienaimé Besse, responsable du baromètre de la diversité à
l’Arcom, partage ce diagnostic sévère. Selon elle, “la
télévision ne représente toujours pas la réalité de la société
française” et reste “un miroir déformant”. Un constat
également reconnu par certaines chaînes, à l’image de BFMTV, qui
admet que “la situation n’est pas satisfaisante” et que des efforts
supplémentaires sont nécessaires.

Miser sur le
recrutement et la formation

Pour améliorer ces statistiques, encore faut-il élargir le
vivier. Des groupes audiovisuels comme TF1 misent sur des
partenariats renforcés avec les écoles de journalisme afin de
diversifier leurs recrutements.

Ces établissements, eux aussi, tentent d’ouvrir davantage leurs
portes à des profils variés. “C’est toute la société française
qui doit s’ouvrir à toutes les représentations”, assure le
groupe TF1, convaincu que la diversité en amont conditionne celle à
l’antenne.

Une équation juridique
complexe

Reste un obstacle de taille : le cadre légal. La loi française interdit toute discrimination
à l’embauche fondée notamment sur l’origine, le sexe ou
l’appartenance réelle ou supposée à une ethnie. Une contrainte qui
rend l’exercice délicat. Pour Carole Bienaimé Besse, la solution
passe néanmoins par un travail de fond : “Quand on aura plus de
diversité dans les rédactions, on aura moins de biais dans le
traitement de l’information à l’antenne”. Un chantier de
longue haleine, encore loin d’être achevé.