Par
Hervine Mahaud
Publié le
2 févr. 2026 à 17h34
Un café ouvert du matin au soir, des bureaux partagés, des colocations intergénérationnelles et une programmation d’événements gratuits : depuis début janvier 2026, Kawaa a pris ses quartiers dans la Courée Vilain, au 149 rue Léon Gambetta, à Lille. Cette ancienne courée populaire, devenue squat dans les années 1990, connaît ainsi une nouvelle vie. L’ambition : créer du lien et faire renaître l’âme conviviale et artistique de ce lieu historique.
Cette courée populaire de la rue Léon Gambetta à Lille reprend vie grâce à Kawaa
« La Courée Vilain était très connue des habitants. Les trois bâtiments étaient habités, c’était un lieu culturel, avec des fêtes, des spectacles, beaucoup d’entraide familiale et de convivialité », raconte Leïla Ihallaïne, 40 ans, directrice de Kawaa Lille. Mais au fil des années, le lieu s’est dégradé. « Dans les années 1990, c’était devenu un squat, et avec le temps, même un endroit dangereux », poursuit-elle.
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Rachetée par une foncière, la courée a nécessité près de deux ans de travaux de réhabilitation. Un chantier « très lourd » mais nécessaire – sans compter les longues démarches administratives – avant de pouvoir accueillir le public.
Installé sur près de 1 000 m² répartis sur trois niveaux, Kawaa entend aussi rendre à la courée son caractère créatif. « On va travailler sur des fresques, sur l’esthétique. On veut que la Courée Vilain retrouve son allure conviviale et artistique », explique Leïla Ihallaïne. Aujourd’hui, les anciens habitants reviennent. « Ils sont contents de voir de la vie revenir, et surtout un projet qui valorise l’humain plutôt que le financier. »
Un projet né à Paris et qui a vocation à s’implanter partout en France
Kawaa n’en est pas à son coup d’essai. Le concept est né en 2014 à Paris, à l’initiative de Kévin André. À l’origine, une plateforme en ligne permettant à chacun de proposer et d’organiser des événements. Le succès est rapide : des centaines de rendez-vous voient le jour.
Pour aller plus loin, le fondateur s’associe à Alexis Motte, professionnel de l’immobilier. Ensemble, ils font le choix de lieux physiques. Le premier Kawaa ouvre à Daumesnil en 2020, suivi de deux autres à Paris, à Bercy et au Lucernaire.
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« Dans tous les Kawaa, il y a de la restauration, des bureaux partagés pour l’économie sociale et solidaire, et des moments de rencontre pour conserver le lien« , résume Leïla Ihallaïne. L’objectif : des cafés ouverts du matin au soir, pour toutes les générations et tous les milieux sociaux.

Du matin jusqu’au soir, le café-cantine de Kawaa vous accueille pour un moment gourmand et convivial. ©Hervine Mahaud
Après Paris, Kawaa s’implante simultanément à Lille et Marseille. « Ça répond à une vraie problématique de solitude et de repli sur soi. On veut aller contre ça à travers nos lieux », souligne la directrice. Ici, tout est pensé pour le partage : grandes tables, espaces ouverts, usages mixtes. « Partout où on répond à un besoin, Kawaa a vocation à s’installe », affirme-t-elle.
Un café convivial, du matin au soir
Premier pilier du projet : le café, ouvert du mardi au dimanche à partir de 9 heures. Le matin, on peut y venir pour prendre un petit-déjeuner : café de spécialité, granola, tartines de pain frais. Le midi, le lieu propose une carte courte (deux entrées, deux plats et deux desserts) renouvelée quotidiennement, avec toujours une option végétarienne.
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Tenders mayonnaise siracha en entrée, filet de tacaud, risotto et champignons en guise de plat et palet breton, lemon curd et caramel pour finir… Voici quelques exemples de ce que propose Kawaa pour le déjeuner « On ne travaille qu’avec des produits frais et locaux, avec des fournisseurs choisis pour leurs valeurs », précise Leïla Ihallaïne.
L’après-midi, les gourmands sont les bienvenus pour le goûter, avec une part de cake sorti du four ou des cookies. Et, du jeudi au samedi soir, place aux assiettes à partager, dans un esprit tapas. À noter que chaque vendredi soir, de grands plats sont déposés au milieu de la table. Au menu de la prochaine soirée, le vendredi 6 février dès 19h30, un welsh à partager préparé par le champion du monde de welsh 2024. Comptez 17 €, option végétarienne possible, sur réservation.
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Coworking, colocation et privatisation
Autre espace clé : les bureaux partagés, installés dans les étages de la grande maison. Kawaa Lille propose 39 postes en open space, accessibles à partir de 170 euros par mois. Associations, entreprises, freelances : tous les profils sont les bienvenus.
« On veut créer une communauté, une synergie. L’open space permet des connexions naturelles, dans une ambiance très chouette et à taille humaine », décrit la directrice. Huit personnes occupent déjà les lieux, et les demandes affluent. Une gouvernance partagée est en préparation, afin d’impliquer les coworkers dans les décisions.
Enfin, Kawaa Lille innove avec deux maisons partagées au sein même de la courée : une colocation junior de huit chambres et une colocation senior de dix chambres, complétées par trois studios indépendants accessibles aux personnes à mobilité réduite. « C’est le seul Kawaa à proposer ça. Le lieu s’y prête et le territoire aussi », explique Leïla Ihallaïne.

Tous les colocataires ont accès à des espaces communs comme la cuisine, le salon, la salle à manger ou encore la buanderie. ©Kawaa
Les chambres, de 17 à 20 m², disposent chacune de leur salle d’eau et de WC privatifs. Les résidents partagent cuisine, salon, salle à manger et buanderie. Là encore, la gouvernance est collective, avec un comité de résidents organisé chaque mois.
Enfin, Kawaa propose aussi de privatiser ses espaces, comme une salle de réunion avec rétroprojecteur, l’espace café ou bien l’une des deux terrasses situées devant et à l’arrière du café. Pour plus d’infos sur Kawaa, rendez-vous sur le site internet.
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