Le début d’année 2026 a un goût amer pour
le nouveau champion du monde de l’électrique.
L »ogre de Shenzhen signe son cinquième mois consécutif de baisse
avec 210 051 véhicules écoulés en janvier. Plombé par une guerre
des prix en Chine et la réduction des aides à l’achat, le
constructeur voit même ses volumes d’hybrides rechargeables reculer
nettement. Si l’export reste une bouée de sauvetage avec 100 000
unités expédiées, la direction joue la prudence en révisant à la
baisse ses objectifs internationaux pour l’année.
BYD : la gueule de bois sur le marché intérieur
On avait laissé BYD
sur une victoire historique en 2025, année où la marque a
réussi à détrôner Tesla de son
piédestal de premier vendeur mondial de véhicules branchés,
atteignant in extremis son objectif de 4,6 millions d’unités. Mais
le réveil de janvier 2026 est plus douloureux. Les chiffres publiés
dimanche sont sans appel avec des ventes mondiales en
baisse de 30,1 % par rapport à l’an dernier, tombant à 210
051 unités. Ce n’est pas un accident de parcours, mais bien
le cinquième mois consécutif de repli. Le cœur du
problème se situe à domicile. Le marché chinois, véritable poumon
du constructeur, traverse une zone de turbulences. La fin des
subventions pour le renouvellement des véhicules d’entrée de gamme
a coupé l’élan des acheteurs. De plus, la concurrence sur ce
segment est devenue impitoyable. Des marques comme Geely ou
Leapmotor agressent BYD
avec des tarifs au plancher.
Cette pression se lit directement dans les chiffres de l’hybride
rechargeable. Cette technologie, qui représente pour plus de la
moitié des immatriculations de la marque, a vu ses volumes
fondre de 28,5 % en janvier. C’est une accélération
inquiétante de la baisse, alors que ce segment n’avait reculé que
de 7,9 % sur l’ensemble de l’année 2025. Pour tenter d’endiguer
cette hémorragie, le constructeur a lancé le mois dernier des
versions restylées de ses hybrides, dotées de batteries à plus
longue autonomie, espérant redonner de l’attrait à son catalogue.
La production suit logiquement cette cure d’amaigrissement,
avec une baisse de près de 29 % des sorties d’usine.
L’international comme relais
L’exportation joue plus que jamais son rôle d’amortisseur.
Sur les 210 000 voitures vendues, plus de 100 000 ont été
expédiées hors de Chine. C’est un ratio considérable qui
prouve que l’appétit pour les modèles BYD reste intact à
l’étranger, là où les marges sont souvent plus confortables. C’est
d’ailleurs ce bond de 150 % des ventes internationales en 2025 qui
avait permis de compenser le ralentissement domestique. Pour 2026,
la direction de BYD revoit ses objectifs à la baisse. Alors que le
constructeur annonçait 1,6 million de ventes à l’export pour 2026,
l’objectif est désormais fixé à 1,3 million d’unités à
l’international pour l’année en cours. Cela représente tout
de même une progression solide de 24 % par rapport à
2025.
Pour contourner les barrières douanières et les tensions
commerciales, BYD accélère sa régionalisation industrielle. L’année
2026 sera marquée par la mise en service très attendue de son
usine en Hongrie, sa première forteresse au cœur de l’Europe,
qui viendra s’ajouter aux capacités de production en Thaïlande et
au Brésil. Des projets d’assemblage sont également dans les cartons
pour l’Indonésie et la Turquie. Le Chinois n’a pas encore dévoilé
son objectif global pour 2026, mais entre un marché chinois qui
stagne et des murs qui s’érigent aux frontières, la course à la
croissance effrénée laisse place à une bataille de positions
beaucoup plus tactique.