Ou comment Anthony Vaccarello joue des registres avec sa collection masculine pour l’automne-hiver 2026

Le vocabulaire stylistique de l’homme Saint Laurent est l’un des messages les plus forts envoyés par Anthony Vaccarello : sans doute car hors les figures de Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, le champ masculin est longtemps demeuré assez vierge dans la maison. Alors, Anthony Vaccarello l’a investi avec détermination et on y lit avec clarté l’intention qu’il met dans les vêtements – avec la même intensité que celle qu’il donne à la femme. Une allure, toute en sophistication construite, toute en puissance, dévoilée en pleine semaine de la Couture, dans l’un des défilés les plus intenses de la saison – Anthony Vaccarello sait jouer des tensions entre un décor sobrement chic et la grandeur de la Bourse de Commerce où avait lieu le show, entre la lumière et la musique. Une vibration que l’on retrouve dans le vestiaire entre excellence sartoriale, rigueur de la coupe, sensualité des encolures de maille et travail sur les détails de soies, audace d’une palette sombre de gris, de chocolats, de noirs illuminée de traits de lumières ; l’audace aussi dans un jeu de registres et de codes quand soudain les jambes se parent de latex – comme l’écho des jeux BDSM de Jacques de Bascher hier, et du film Pillion aujourd’hui. Anthony Vaccarello sait réveiller le côté sulfureux et subversif de Saint Laurent. Et soudain un costume croisé à fines rayures, une chemise deviennent de purs objets de désir.