Nous parlions dernièrement du gouvernement danois, qui vient de durcir la loi, pour pouvoir expulser les migrants criminels, à partir d’une condamnation à un an de prison. En Allemagne, il semble que l’on prenne également la mesure du paradoxal enrichissement que représente l’immigration extra-européenne. En 2025, l’immigration était en recul de plus de 40 % outre-Rhin, ce qui, selon nos confrères de Mediapart, s’ajoute à un déficit de près de 400.000 travailleurs qualifiés.
A qui la faute ? Au gouvernement de centre-droit de Friedrich Merz, bien sûr ! Après avoir créé le scandale, cet automne, en déclarant que les migrants restaient « un problème dans le paysage urbain » (il avait même ajouté : « Vous n’avez qu’à demander à vos filles ! », le voilà donc qui récidive, en augmentant les expulsions et en durcissant les conditions d’entrée en Allemagne. À la manœuvre, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt se félicite que l’Allemagne soit « moins attrayante pour les migrants ». Il est même en pourparlers avec d’autres pays européens, comme l’Autriche ou les Pays-Bas, pour installer des centres de rétention dans des pays tiers – le nom de l’Ouganda revient avec insistance.
À la croisée des chemins
Revenons en France, et à Mediapart. Chez nous, on n’a pas la moindre idée de l’existence de ces pourparlers. On préfère faire confiance à Edwy Plenel et son orchestre pour nous faire pleurnicher avec des histoires individuelles, comme celle d’Amira, une gentille Afghane qui travaillait dans une crèche du land de Hesse, et qui a été expulsée en juin 2025 vers un centre de rétention situé en Lituanie. Ah, les méchants, les méchants Allemands. Les journalistes français se gardent bien, pour une fois, de parler du bruit des bottes (il y a des blagues que l’on ne fait pas à un Allemand), mais on voit bien où ils veulent en venir. Un point, toutefois, sur lequel ils n’ont pas tort : la Bundeswehr, l’armée allemande, a abandonné les Afghans qui avaient travaillé pour elle pendant son engagement au sein de l’OTAN. On croyait qu’il n’y avait que la France pour faire ça…
Dans toute cette histoire, malgré la mauvaise foi des médias français, malgré leur assourdissant silence au sujet des accords de réémigration que nouent nos voisins, il faut convenir d’une chose, sur laquelle nos journalistes ont raison : nous sommes à la croisée des chemins. Oui, si nous refusons d’accueillir toujours plus de migrants, légaux ou non, notre population va décroître. Les Français ne veulent plus avoir d’enfants –ou plutôt, ils rêveraient d’en avoir trois mais en ont 1.6 en moyenne, énième preuve qu’un rêve qu’on ne cherche pas à réaliser n’est rien du tout. Oui, notre économie va peut-être décroître dans les premières années. C’est le choix qu’a fait le Japon, confronté, selon Le Monde de fin 2025, à un « sentiment xénophobe ». L’identité leur importe plus que le profit. « Excusez-les », comme disait Éric Zemmour face à Jacques Attali. Nous, nous voulons des livreurs Uber et des femmes de ménage à bas prix, et notre paresse ressemble à une envie de mourir.
Pour l’instant, il y a encore pire que nous : le Royaume-Uni. Rassurons-nous avec ça tant que nous le pouvons. En attendant, le Danemark et l’Allemagne, parmi d’autres, en ont assez des vols, des viols, des meurtres de leurs ressortissants. Et ils se donnent les moyens de protéger une population qui, demain, sera peut-être moins nombreuse, mais en vie. À nous de choisir.
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